Adjal à Abidjan : Vers la signature d’un accord-cadre de coopération énergétique
Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a posé le pied lundi à Abidjan pour une visite de travail de deux jours, les 29 et 30 juin, au terme de laquelle sera paraphé un accord de coopération gouvernementale entre l’Algérie et la Côte d’Ivoire dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables. Accueilli par une délégation ivoirienne de haut rang et le corps diplomatique algérien en poste à Abidjan, le ministre sera reçu par le Premier ministre ivoirien avant de présider la cérémonie de signature. Ce que le communiqué du ministère décrit comme « l’aboutissement des efforts soutenus déployés par les équipes d’experts des deux parties » est en réalité le fruit d’une séquence diplomatique engagée depuis la fin mars.
Rappelons que le 28 mars 2026, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a effectué une visite de travail à Alger. Reçu par Mourad Adjal, les deux hommes examinent les perspectives de coopération dans les domaines de la production, du transport et de la distribution de l’électricité, de la fabrication d’équipements électriques, de la formation et des énergies renouvelables. Adjal souligne alors « la volonté commune d’élever ces relations à des niveaux supérieurs, au service des objectifs de développement énergétique et du renforcement de l’autonomie énergétique sur le continent africain ». Dans le domaine des hydrocarbures, Sangafowa-Coulibaly signe en outre avec le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, un premier accord de coopération portant sur l’exploration, le raffinage, la formation et la structuration du cadre réglementaire. La Côte d’Ivoire ne cache pas ses ambitions, avec le développement du champ Baleine, le pays prévoit de porter sa production pétrolière de 60 000 à plus de 200 000 barils par jour dans les prochaines années.
Dès le mois de mai, la cadence s’accélère. Une délégation ivoirienne de haut niveau, constituée de représentants d’organismes et d’institutions opérant dans le secteur de l’énergie, effectue une visite technique au groupe Sonelgaz consacrée au domaine de l’électricité. Elle reçoit des informations détaillées sur le fonctionnement des différentes filiales et effectue des escales dans plusieurs d’entre elles pour s’imprégner des technologies modernes utilisées dans la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz. La délégation visite également le siège de la Direction générale de l’opérateur système de Sonelgaz Transport Électricité, puis le Centre national de conduite et le poste de transformation de Mahelma à Baraki, où les experts présentent les solutions technologiques déployées pour intégrer les énergies renouvelables au réseau. À l’issue de ce tour de terrain, les Ivoiriens expriment leur satisfaction et confirment leur volonté de formaliser le partenariat.
Le 22 mai, les deux ministres tiennent une réunion par visioconférence pour définir les axes principaux et les priorités stratégiques de la coopération algéro-ivoirienne, dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République Abdelmadjid Tebboune visant à élargir les perspectives de partenariat international et à renforcer la coopération au niveau continental. Les travaux s’achèvent sur l’accord de lancer l’élaboration d’un projet d’accord-cadre entre les deux ministères, définissant les besoins et les demandes prioritaires de la Côte d’Ivoire, en vue d’un programme de coopération pratique et intégral.
L’accord qui sera signé à Abidjan ce mardi « témoigne de l’engagement commun des deux parties à développer un partenariat énergétique mutuellement bénéfique » et « établit le cadre juridique et institutionnel qui régira les activités et projets de coopération dans le secteur de l’énergie », selon le communiqué du ministère. Les enjeux dépassent le cadre bilatéral. Sonelgaz International, dont le P-DG Yazid Djellouli décrit une feuille de route mêlant construction d’infrastructures d’envergure, reconfiguration des réseaux au Sahel et transfert de compétences, positionne l’Algérie comme acteur énergétique majeur sur le continent, avec des projets dépassant le gigawatt en Côte d’Ivoire et en Tunisie. La centrale de 40 MW livrée au Niger en temps record sert désormais de vitrine commerciale et diplomatique.
Amar Malki

