Fret et importations : L’ABEF reconduit la dérogation de domiciliation jusqu’à fin 2026
Le répit accordé aux importateurs sera finalement plus long que prévu. Dans une note adressée le 28 juin aux directeurs généraux des banques, le délégué général adjoint de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), Boualem Ibrouchene, annonce la prorogation jusqu’au 31 décembre 2026 de l’autorisation exceptionnelle permettant aux établissements bancaires de domicilier les factures d’importation incluant les frais de fret. La mesure, dont l’échéance était fixée au 30 juin, est donc reconduite pour un second semestre, sur instruction du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations.
Rappelons que depuis le 9 juillet 2025, une nouvelle règle administrative impose à toute entreprise souhaitant importer des services en Algérie d’obtenir une autorisation préalable du ministère du Commerce extérieur avant toute domiciliation bancaire. Les contrats libellés en CFR (Cost and Freight), c’est-à-dire intégrant le coût du transport maritime, se retrouvaient bloqués, les banques ne pouvant plus les présenter à la domiciliation dès lors que le fret, payable en devises, relevait de la catégorie des services soumis à autorisation. Face aux risques de rupture dans les chaînes d’approvisionnement, l’ABEF avait obtenu en novembre 2025 une première dérogation, autorisant les banques à procéder à la domiciliation sans passer par l’accord préalable du ministère, sous réserve de la présentation du programme prévisionnel d’importation (PPI) pour les achats destinés aux besoins propres, et du document préalable pour les importations à la revente en l’état. En janvier 2026, cette mesure avait été prolongée jusqu’au 30 juin, les banques étant dans le même temps invitées à transmettre au ministère un état récapitulatif des montants de fret traités durant le premier semestre.
La note du 28 juin reproduit le même schéma, nouvelle prorogation de six mois, assortie cette fois de l’obligation de remettre un état récapitulatif portant sur le second semestre 2026. Ce reporting semestriel imposé aux banques traduit la volonté des autorités de quantifier précisément l’impact des importations de fret sur les réserves de change, avant toute décision sur la pérennisation ou non du dispositif. En contrepartie de cet aménagement logistique, les établissements bancaires sont en effet tenus de transmettre un relevé précis des dépenses liées au transport maritime, une obligation destinée à évaluer l’incidence financière de ces opérations sur les réserves de change.
Sabrina Aziouez

