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L’IPA, sentinelle biologique régionale

L’Institut Pasteur d’Algérie vient d’être officiellement consacré Centre régional d’excellence pour la biosûreté et la biosécurité en Afrique du Nord par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Une reconnaissance continentale qui place Alger au cœur du dispositif sanitaire africain, au moment où les menaces biologiques s’imposent comme l’un des défis majeurs de ce siècle. La nouvelle a été rendue publique lundi par un communiqué du ministère de la Santé. Cette désignation intervient, précise la même source, « en vertu d’une notification officielle émise par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies », les Africa CDC. Elle « constitue une reconnaissance continentale de la place scientifique, des compétences et des infrastructures dont dispose l’Institut dans les domaines de la biosûreté et de la biosécurité », poursuit le document officiel. Plus encore, elle « traduit la confiance accordée aux compétences nationales et aux institutions scientifiques algériennes par les organismes africains de santé ». Derrière cette consécration, il y a un processus rigoureux qui a duré plusieurs mois. Le ministère rappelle que « cette désignation est le fruit d’un processus d’évaluation précise et globale engagé avec le dépôt du dossier de candidature de l’Institut en octobre 2025, puis d’une mission d’évaluation effectuée en février 2026 par des experts des Africa CDC ». Les enjeux qui se cachent derrière cette labellisation sont considérables. La biosûreté et la biosécurité désignent l’ensemble des protocoles, infrastructures et compétences permettant de manipuler des agents pathogènes dangereux sans risque de contamination accidentelle ou d’usage détourné. Dans un contexte mondial marqué par la récurrence des épidémies, la menace de pandémies et les débats persistants sur l’origine de certains virus, disposer d’un centre de référence régional en Afrique du Nord n’est pas un détail. C’est une infrastructure de souveraineté sanitaire. Le communiqué du ministère souligne d’ailleurs que cette réalisation « conforte la place de l’Algérie comme pôle régional de référence en matière de renforcement des capacités, de développement des compétences et de maîtrise des risques biologiques ». Une formulation qui dit clairement que l’Algérie entend désormais former, orienter et accompagner ses voisins.

La mise en oeuvre concrète de ce nouveau statut ne s’est pas fait attendre. Dès ce lundi et jusqu’au 3 juillet, l’Institut Pasteur accueille sur son site de Sidi Fredj une formation régionale de niveau I en ingénierie du confinement biologique. Les participants, experts et spécialistes issus de plusieurs pays d’Afrique du Nord, ont été sélectionnés directement par les Africa CDC. Le ministère de la Santé, pour sa part, a tenu à réaffirmer dans son communiqué « son engagement en faveur du renforcement de la biosûreté et de la biosécurité, ainsi que de la consolidation de la préparation des systèmes de santé face aux différentes menaces sanitaires, au service de la sécurité sanitaire nationale, régionale et continentale ».

Fondé en 1894, l’Institut Pasteur d’Algérie est l’une des plus anciennes institutions sanitaires du continent.

Lyna Larbi

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