Monde

Un mur de 7 millions de mines maintenu au Sahara occidental : Les pratiques criminelles de l’occupation marocaine dénoncées à l’ONU

Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, l’activiste sahraoui Mubarak Ouabla a interpellé la communauté internationale sur les conséquences humanitaires du mur militaire marocain qui longe le Sahara occidental sur plus de 2 700 kilomètres, bordé de plusieurs millions de mines antipersonnel. Un réquisitoire précis et fait la lumière sur les pratiques criminelles de l’occupation marocaine.  C’est dans le cadre du dialogue interactif consacré à l’impact des mines antipersonnel sur la jouissance des droits humains que le militant sahraoui Mubarak Ouabla a pris la parole devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, en réponse à un rapport présenté par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Une tribune internationale qu’il a mise à profit pour dénoncer, avec précision et solennité, l’une des violations les plus graves et les plus méconnues du droit international humanitaire, soit l’existence et le maintien délibéré d’un mur militaire bardé de mines, érigé par le Maroc au cœur du dernier territoire africain sous occupation coloniale.

Ouabla a décrit devant l’assemblée onusienne un dispositif militaire d’une ampleur peu commune. Le mur, qui s’étire sur plus de 2 700 kilomètres à travers les étendues désertiques du Sahara occidental, est flanqué de plus de sept millions de mines et d’engins explosifs issus des résidus de guerre. «Ce mur militaire d’occupation, entouré de plus de sept millions de mines et d’explosifs, continue de constituer une menace directe et grave sur la vie des civils, en particulier les éleveurs, les nomades et les enfants, qui font face quotidiennement au risque de mort ou d’invalidité permanente», a-t-il déclaré devant le Conseil.

Ce que le militant sahraoui a tenu à souligner avec insistance, c’est que les conséquences de cette barrière meurtrière ne se limitent pas aux seules pertes humaines, aussi dramatiques soient-elles. Les mines ont des effets en cascade sur l’ensemble du tissu social et économique des populations sahraouies. «Les répercussions de ces mines ne s’arrêtent pas aux pertes humaines, elles s’étendent à des effets humanitaires, sociaux et économiques profonds», a-t-il affirmé, précisant que des milliers de Sahraouis se voient privés de leur liberté de mouvement, empêchés d’accéder à leurs terres et à leurs pâturages, dans un territoire où l’élevage nomade constitue historiquement la base de la subsistance. Le mur et les champs de mines qu’il borde agissent ainsi comme un instrument de dépossession territoriale autant que comme une arme de guerre. Ils confisquent aux habitants l’usage de leur propre sol, paralysent toute perspective de développement et aggravent une situation humanitaire déjà rendue difficile par des décennies d’occupation.

Mubarak Ouabla n’a pas esquivé la dimension politique de son intervention. En maintenant ce dispositif militaire, le Maroc perpétue selon lui un «régime de répression» qui viole à la fois les principes humanitaires fondamentaux et les normes du droit international. «La persistance de cette ceinture militaire minée représente une preuve de l’approche répressive et dangereuse que mène l’occupation marocaine au Sahara occidental», a-t-il déclaré, «imposant une réalité tragique qui menace la sécurité des civils et contrevient aux principes humanitaires et au droit international, à un moment où les appels à déminer et à protéger les populations civiles se multiplient.»

L’intervention du militant sahraoui intervient dans un contexte où la question du Sahara occidental continue d’occuper l’agenda des instances onusiennes, sans que la situation sur le terrain ne connaisse d’évolution substantielle pour les populations concernées.

Les organisations sahraouies de défense des droits humains rappellent régulièrement que les mines continuent de faucher des vies et de provoquer des mutilations, et que ce dossier humanitaire urgent reste insuffisamment pris en charge par la communauté internationale.

C’est précisément sur ce point qu’Ouabla a conclu son intervention devant le Conseil des droits de l’homme, en appelant la communauté internationale à «continuer d’accorder une attention particulière aux graves conditions humanitaires résultant de la présence des mines au Sahara occidental», et en réclamant «une action internationale sérieuse et urgente pour remédier à cette tragédie persistante, redoubler les efforts de déminage et apporter le soutien nécessaire aux victimes, afin de garantir la protection des civils et la sauvegarde de leurs droits fondamentaux.»

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *