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Venezuela : Le système de santé craque sous la pression des séismes

Une semaine après le double séisme qui a frappé le Venezuela, le système de santé du pays montre des signes d’épuisement avancé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état mardi à Genève d’hôpitaux fonctionnant « au-delà de leurs capacités » et a mis en garde contre un risque accru de flambées épidémiques, tandis que de nouvelles estimations satellitaires de la Nasa révèlent l’ampleur des destructions matérielles. Les secousses du 24 juin, d’une magnitude de 7,2 puis 7,5, ont fait au moins 1.719 morts et plus de 5.000 blessés, selon le bilan communiqué par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. L’ONU évalue par ailleurs à environ 50.000 le nombre de personnes toujours portées disparues. Lors d’un point de presse, le porte-parole de l’OMS Christian Lindmeier a détaillé une situation sanitaire sous tension extrême. Selon la présidente par intérim Delcy Rodriguez, 38 hôpitaux auraient été touchés par les séismes. Une enquête de l’OMS menée auprès de 21 établissements répartis entre Caracas, La Guaira, Miranda et Falcon a permis d’établir un premier état des lieux : trois structures sont dans un état critique, six présentent des dommages structurels ou ne fonctionnent que partiellement, les autres restant opérationnelles mais sous de fortes contraintes. « Les résultats préliminaires révèlent une organisation chaotique des services et des flux de patients, marquée par une surpopulation et des retards chirurgicaux croissants », a précisé M. Lindmeier, évoquant notamment un allongement des listes d’attente en traumatologie-orthopédie et en neurochirurgie, ainsi que des défaillances en matière de biosécurité. Le porte-parole a également signalé la disparition de plusieurs professionnels de santé spécialisés en soins maternels dans la région de La Guaira, créant selon lui une « lacune critique » dans la prise en charge obstétricale. Au-delà de l’urgence chirurgicale, l’OMS redoute désormais un risque sanitaire de second ordre. Les perturbations des réseaux d’eau et d’assainissement, combinées aux déplacements massifs de population, pourraient favoriser la résurgence de maladies évitables par la vaccination, telles que la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche. L’organisation craint aussi une accélération de la propagation de maladies à transmission vectorielle et hydrique, dont la dengue, la fièvre jaune, le chikungunya, le Zika, l’Oropouche et le paludisme, dans un contexte de couverture vaccinale jugée insuffisante. Sur le plan matériel, l’ampleur du désastre a été confirmée par des données satellitaires. Selon des estimations diffusées par l’agence spatiale américaine (Nasa), environ 58.870 bâtiments auraient été endommagés ou détruits dans l’ensemble des zones touchées. Ces chiffres s’appuient sur des relevés radar à haute résolution de l’Agence spatiale européenne, recueillis le 25 juin par les chercheurs Corey Scher et Jamon Van Den Hoek, de l’université d’État de l’Oregon. Les deux scientifiques précisent qu’il s’agit d' »une évaluation préliminaire et rapide », reflétant une modification brutale de la surface, et appellent à la prudence tant que ces données n’auront pas été vérifiées sur le terrain.

R.I.

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