Sports

Après son élimination controversée face à l’Argentine : L’Égypte porte plainte contre l’arbitrage

La Fédération égyptienne de football (EFA) a annoncé, mardi 7 juillet, avoir saisi officiellement la FIFA après l’élimination des Pharaons face à l’Argentine (3-2) en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, dénonçant une série de décisions arbitrales jugées lourdes de conséquences sur l’issue de la rencontre et réclamant une enquête approfondie sur l’ensemble du corps arbitral ayant officié lors du match.

Dans un communiqué diffusé par son centre des médias, l’instance égyptienne indique que son président, Hany Abou Rida, a personnellement demandé à la FIFA d’ouvrir une investigation visant l’arbitre français François Letexier, accusé d’avoir commis de « graves erreurs d’arbitrage » et appliqué « une politique de deux poids, deux mesures » qui a précipité la défaite puis l’élimination de la sélection égyptienne du tournoi.

La demande d’enquête ne se limite pas à l’arbitre central. Elle englobe l’ensemble de l’équipe présente sur la rencontre, y compris les officiels chargés de l’assistance vidéo, que l’EFA accuse d’avoir multiplié les erreurs manifestes tout en refusant obstinément de reconsidérer certaines phases jugées favorables aux Pharaons, notamment un but qui aurait dû être validé et un penalty qui n’a jamais été sifflé en leur faveur.

Sur cette base, la fédération a également réclamé l’écartement pur et simple de François Letexier et de toute son équipe pour le reste de la compétition, dans l’attente des conclusions de l’enquête demandée. Le communiqué qualifie les erreurs relevées d’« acte de discrimination » à l’encontre de la sélection égyptienne, les présentant comme un facteur déterminant dans l’issue défavorable du match.

Au-delà de la contestation arbitrale, Hany Abou Rida a tenu à saluer la prestation de ses joueurs, qu’il a qualifiés de « héros » pour avoir livré, selon lui, une performance historique face aux champions du monde en titre. Le président de l’EFA a également présenté ses excuses au peuple égyptien et aux supporters pour ne pas être parvenu à préserver l’avantage acquis jusqu’au coup de sifflet final, avant d’adresser ses remerciements aux supporters, aux médias ainsi qu’aux plus hautes autorités de l’État pour leur soutien tout au long du tournoi.

Une avance de deux buts envolée en dix minutes

Sur le terrain, l’Égypte avait pourtant réalisé l’un des exploits les plus spectaculaires de ce huitième de finale, menant deux buts à zéro jusqu’à la 79e minute face à une Albiceleste pourtant tenante du titre mondial. Le scénario a basculé dans le money-time. L’Argentine a inscrit trois buts en l’espace de dix minutes, dont une réalisation de Lionel Messi, pour renverser totalement la physionomie de la rencontre et valider sa qualification.

À l’issue du match, la colère était palpable côté égyptien. Le sélectionneur Hossam Hassan n’a pas mâché ses mots, estimant que son équipe avait été la meilleure sur le terrain et dénonçant une injustice caractérisée. Il a évoqué un but refusé sans explication claire, ainsi qu’une faute non sifflée sur son joueur Hamdy Fathy, s’interrogeant ouvertement sur une possible volonté de maintenir le champion du monde en titre, et Messi avec lui, dans la compétition.

L’arbitre français est notamment pointé du doigt pour ne pas avoir sanctionné plusieurs fautes commises sur des joueurs égyptiens, avoir invalidé un but jugé régulier par le staff des Pharaons, et n’avoir pas sifflé une faute sur Mohamed Salah dans la surface argentine juste avant le but victorieux inscrit par l’Argentine dans le temps additionnel.

La fin de rencontre a par ailleurs été marquée par un geste fort du sélectionneur égyptien à l’endroit de l’arbitre Letexier : bras croisés en forme de « X », repris et largement commenté à travers le monde. Ce signal, adopté à l’unanimité lors du 74e congrès de la FIFA tenu à Bangkok en mai 2024, permet à un joueur ou à un entraîneur de dénoncer une agression à caractère raciste. Hossam Hassan a expliqué avoir voulu, par ce geste, exprimer son indignation face à des actes qu’il estime avoir subis de la part de supporters argentins ayant brandi un drapeau israélien durant la rencontre. En retour, l’arbitre français lui a adressé un carton jaune. Le technicien égyptien a par la suite affirmé que ce geste constituait sa manière de défendre ses droits, ajoutant qu’il ne suivrait plus aucune rencontre du tournoi.

L’épisode ravive le débat sur le cas Petkovic

Cette performance égyptienne, aussi héroïque qu’inaboutie, n’est pas passée inaperçue en Algérie. Après le Cap-Vert, tombé de justesse devant l’Argentine en prolongation (2-3) au tour précédent, c’est au tour des Pharaons de mettre à mal la lecture faite par l’ancien sélectionneur des Verts, Vladimir Petkovic, de la lourde défaite algérienne (0-3) concédée face à la même Albiceleste lors de la phase de groupes. Le technicien suisse avait alors justifié ce revers par la puissance jugée insurmontable de l’Argentine et de Lionel Messi. La résistance égyptienne, à deux doigts de faire chuter le champion du monde en titre, vient conforter ceux qui, en Algérie, continuent de réclamer des explications sur la performance  de Petkovic à la tête de la sélection nationale.

Moncef Dahleb

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *