L’Irlande interdit l’importation des produits des colonies sionistes : Ramallah salue une décision « historique »
Les députés irlandais ont adopté, mardi, un projet de loi interdisant l’importation de produits en provenance des colonies sionistes établies sur les territoires palestiniens occupés, une mesure législative aussitôt saluée par les autorités palestiniennes comme un « changement juridique et moral important » dans la lutte contre le système colonial imposé au peuple palestinien. Ce texte, qui doit encore être entériné par la chambre haute du Parlement irlandais avant son entrée en vigueur définitive, prévoit d’interdire l’importation de l’ensemble des biens issus des colonies illégales, qu’ils soient agricoles ou industriels. Le gouvernement de centre droit irlandais a justifié cette démarche par une « obligation au regard du droit international », en référence directe à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) en juillet 2024, lequel avait confirmé le caractère illégal de l’occupation sioniste des territoires palestiniens. L’opposition de gauche irlandaise pousse, de son côté, pour élargir cette interdiction au commerce des services, notamment le tourisme et les technologies liés aux colonies.
Dublin s’inscrit ainsi dans le sillage de Madrid, qui avait interdit dès octobre 2025 l’importation de produits provenant des colonies illégales en Palestine occupée, dans le cadre d’un train de mesures visant l’entité sioniste. L’Irlande avait par ailleurs reconnu l’État de Palestine en mai 2024, aux côtés de l’Espagne et de la Norvège.
Fattouh salue une mesure conforme au droit international
Réagissant à cette décision, le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a affirmé, dans un communiqué relayé par l’agence Wafa, que cette mesure était pleinement conforme aux règles du droit international et constituait une réponse concrète face au système colonial de peuplement mis en place par l’entité sioniste sur le territoire palestinien occupé, y compris à El-Qods-Est. Il a rappelé que la décision irlandaise traduit dans les faits l’avis consultatif de la CIJ de 2024, qui impose aux États l’obligation de ne pas reconnaître la situation illégale découlant de l’occupation et de s’abstenir de tout soutien contribuant à sa perpétuation. Le responsable palestinien a exprimé sa gratitude envers l’Irlande, l’Espagne et l’ensemble des pays ayant adopté ou s’apprêtant à adopter des mesures juridiques et économiques contre le colonialisme de peuplement sioniste, qualifiant ces initiatives de « mesures responsables » renforçant le respect du droit international et mettant un frein aux politiques d’annexion ainsi qu’au pillage systématique des ressources palestiniennes.
Rouhi Fattouh a, dans la foulée, appelé la communauté internationale et les pays de l’Union européenne à transformer leurs positions politiques en mesures véritablement contraignantes, incluant l’interdiction de tout commerce avec les colonies, l’imposition de sanctions contre le système colonial et ses responsables, ainsi que la poursuite de l’État occupant pour les violences et les violations graves du droit international commises par les colons. Selon lui, ces mesures demeurent indispensables pour mettre fin à l’occupation et permettre au peuple palestinien d’exercer pleinement son droit à l’autodétermination et à l’établissement de son État indépendant, avec El-Qods pour capitale.
Le bilan de l’agression contre Ghaza continue de s’alourdir
Sur le terrain, le bilan de l’agression génocidaire sioniste menée contre la bande de Ghaza depuis le 7 octobre 2023 s’est encore alourdi, atteignant désormais 73.110 martyrs et 173.599 blessés, en grande majorité des femmes et des enfants, selon un nouveau bilan communiqué mercredi par les autorités sanitaires palestiniennes. Les corps de huit martyrs ainsi que dix-sept blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières vingt-quatre heures, la même source précisant que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres. Les autorités sanitaires palestiniennes font également état de 1.084 Palestiniens tombés en martyrs et de 3.491 autres blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre dernier, tandis que les corps de 799 martyrs ont pu être récupérés durant cette même période.
L.S.

