Soudan : L’armée revendique des avancées sur cinq fronts
Les Forces armées soudanaises ont annoncé avoir réalisé des avancées militaires sur cinq fronts du conflit au cours de la première quinzaine de juillet, affirmant, dans un communiqué publié jeudi, avoir détruit des centaines de véhicules appartenant aux Forces de soutien rapide (FSR) et repris le contrôle de la ville de Kurmuk, dans l’Etat du Nil Bleu, alors que les affrontements se poursuivent dans plusieurs régions du pays. Selon ce texte, les opérations menées entre le 1er et le 15 juillet ont permis de détruire 205 véhicules des FSR, dont des véhicules militaires et des camions transportant du matériel, et d’abattre quatre drones. Ces opérations se répartissent entre le front du Darfour, où 76 véhicules et 17 camions ont été détruits, le Kordofan du Sud, avec 19 véhicules, et le Kordofan du Nord, avec 54 véhicules ; trois des quatre drones abattus l’ont été dans ces secteurs, le quatrième sur le front du Nil Blanc. Dans l’Etat du Nil Bleu, l’armée affirme avoir repris Kurmuk et ses environs à l’issue de violents combats, détruisant 56 véhicules, en saisissant 21 autres, ainsi que des armes, des munitions et du matériel de communication et de brouillage, tout en assurant poursuivre ses opérations afin de « nettoyer » le pays des FSR et rétablir la sécurité. Un conflit qui, depuis avril 2023, continue de provoquer une grave crise humanitaire, marquée par des déplacements massifs de populations.
Cette crise s’illustre particulièrement à El-Obeid, où l’ONU a alerté vendredi sur une détérioration rapide de la situation, les camps de déplacés débordant avec l’arrivée continue de nouveaux arrivants. L’Organisation onusienne redoute depuis des semaines que des atrocités similaires à celles commises lors de l’assaut des FSR contre El-Fasher, au Darfour, en octobre 2025, ne se reproduisent à El-Obeid. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la population de cette ville de 500 000 à 600 000 habitants a « presque doublé » sous l’effet de l’afflux de déplacés venus du Kordofan, tandis que l’organisation ne parvient à en nourrir qu’une fraction. « La ville reste sous pression pour la nourriture, l’eau et le carburant », a déclaré son directeur pour le Soudan, Abdallah Alwardat, précisant que plus de 120 000 personnes vivent dans des camps, quand d’autres sont hébergées par des communautés locales ou se construisent un abri de fortune. Le PAM assiste actuellement plus de 100 000 personnes dans les camps, mais « il y a beaucoup plus de personnes déplacées dans la ville et elles ont besoin d’une aide urgente », a-t-il ajouté, regrettant que la ration alimentaire déjà réduite distribuée soit ensuite partagée avec d’autres familles. Des stocks, initialement destinés à la saison des pluies, sont mobilisés pour tenter d’étendre l’aide à plus de 250 000 personnes, une assistance qualifiée par M. Alwardat de « seule bouée de sauvetage » pour ces populations.
R.I.

