Culture

Égypte : Trois tombes du Nouvel Empire exhumées à Saqqarah livrent leurs secrets

Le plateau de Saqqarah continue de dévoiler les trésors enfouis de l’Égypte pharaonique. Une équipe archéologique égyptienne travaillant sur le site de la nécropole de Bubasteion vient de mettre au jour trois sépultures creusées dans la roche et datées du Nouvel Empire, une découverte confirmée dimanche par un communiqué officiel du Conseil des ministres. Les fouilles, conduites sur la partie orientale de la falaise du site, viennent enrichir un peu plus le riche passé archéologique de cette zone déjà connue pour de nombreuses trouvailles.

Le site tire son appellation du culte rendu à Bastet, la divinité féline vénérée dans l’Égypte antique. Les hiéroglyphes retrouvés sur place, associés à divers vestiges matériels, permettent de mieux cerner l’organisation de l’ancienne nécropole memphite et offrent un éclairage précieux sur le quotidien des élites administratives de l’époque.

La première sépulture identifiée appartenait à un certain Montouhotep. Son mur septentrional présente des scènes soigneusement gravées montrant des porteurs d’offrandes ainsi que des épisodes de chasse, complétées par une composition représentant le défunt en compagnie de sa mère, Iâh-Hotep — un indice fort du prestige social dont jouissait cette lignée. Les inscriptions murales énumèrent une série de fonctions honorifiques : prince de sang, maire, proche du souverain, celui qui apporte la joie au cœur royal, gouverneur, responsable des territoires étrangers et chef militaire de la cité de Khebeshit. De tels titres témoignent de l’ascension de ce personnage au sommet de la hiérarchie civile et militaire au tout début du Nouvel Empire. Un puits funéraire, encore partiellement fouillé, devrait livrer davantage d’éléments lors des prochaines campagnes, notamment sur l’identité exacte de la mère du défunt et l’histoire de cette famille influente.

La deuxième tombe est celle de Parâ-em-ouia, dit également Samout, qui exerçait la fonction de négociant principal attaché au temple de Ptah. Véritable arbre généalogique gravé dans la pierre, ce tombeau conserve le souvenir de son épouse Touy, « dame de maison », de sa mère Atibyou, chanteuse consacrée au culte d’Amon, ainsi que de ses quatre garçons. Ce document funéraire constitue un témoignage précieux et rare sur les liens familiaux d’un notable du Nouvel Empire.

La troisième sépulture révélée appartient à Nehsy. Malgré un état de dégradation avancé, les fragments d’inscriptions subsistants livrent des informations d’un grand intérêt. Elles permettent d’établir l’identité du propriétaire, sa charge de surveillant du domaine, ainsi que le nom de son épouse Néferouptah, elle aussi « dame de maison ». Fait notable, un fragment de colonne conserve un texte hiéroglyphique évoquant le retour victorieux d’un commandant militaire depuis le pays de Naharin, dans le nord de l’actuelle Syrie, un élément qui permet de dater précisément la tombe tout en éclairant d’un jour nouveau les échanges diplomatiques et militaires entretenus par l’Égypte avec le Levant à cette période.

R.C.

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