Culture

Festival international du court métrage de Timimoun : Lancement d’une compétition dédiée au film mobile

Le Festival international du court métrage de Timimoun ne se contente plus d’attendre les films. Il va désormais les chercher là où ils naissent, dans la poche des jeunes cinéastes en herbe. Le commissariat de la manifestation vient d’annoncer le lancement d’une compétition inédite, baptisée « Yamina Chouikh », entièrement consacrée au film mobile, en hommage à la cinéaste disparue en 2022 et dont l’œuvre a marqué le septième art national.

L’idée est simple et résolument tournée vers la jeunesse locale. Il s’agit d’offrir offrir aux réalisateurs en devenir, âgés de moins de 35 ans, un espace de création accessible avec l’outil qu’ils ont tous en main au quotidien, leur téléphone. Fiction, documentaire, expérimental ou animation, tous les genres sont admis, à condition que le film ne dépasse pas cinq minutes et que l’intégralité des images ait été tournée avec un mobile. Les organisateurs se montrent toutefois exigeants sur un point. Si le montage peut être réalisé avec des logiciels dédiés, la qualité d’image et de son doit rester suffisante pour une projection sur grand écran, condition qui rappelle que le format léger de la captation n’exempte en rien de la rigueur technique attendue d’une œuvre destinée à une salle de cinéma. Les films devront par ailleurs avoir été réalisés au cours de cette année 2026, ce qui donne aux candidats une fenêtre de création resserrée mais stimulante.

Derrière cette initiative se dessine une ambition plus large. Le Festival de Timimoun affiche depuis sa création la volonté de faire du cinéma une activité culturelle vivante toute l’année durant, et non un rendez-vous qui s’éteint aussitôt le générique de clôture passé. Résidences de création, master class, formations, la compétition dédiée au film mobile vient compléter ce dispositif d’accompagnement destiné aux jeunes du territoire, en misant sur l’immédiateté et l’accessibilité du smartphone comme porte d’entrée vers une pratique cinématographique plus exigeante.

Concrètement, une commission sera chargée de sélectionner les meilleures œuvres, qui seront projetées lors de séances spéciales au Théâtre de verdure de Timimoun, un lieu qui a déjà accueilli les grandes soirées du festival. Mais l’aventure ne s’arrête pas à la projection. Les auteurs des films retenus bénéficieront d’un atelier consacré au développement de leur scénario, encadré par des professionnels du secteur, une manière de transformer un exercice de style filmé au téléphone en véritable tremplin artistique. Les candidatures sont à envoyer par courrier électronique avant le 30 septembre prochain.

Ce nouveau concours s’inscrit dans la dynamique du deuxième Festival international du court métrage de Timimoun, prévu en novembre. Pour rappel, le commissariat de cette deuxième édition avait fait état, il y a peu, d’un afflux impressionnant de candidatures internationales.  Plus de 3 200 films en provenance de plusieurs pays ont été enregistrés, répartis entre courts métrages de fiction, documentaires et films d’animation. Un volume que les organisateurs présentent comme le signe de la confiance grandissante accordée à ce rendez-vous saharien par les réalisateurs et professionnels du monde entier, qui y voient une plateforme favorisant les échanges créatifs et le dialogue interculturel. La liste des films retenus pour la compétition officielle sera dévoilée ultérieurement.

M.S.

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