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Nouvelles frappes américaines sur Téhéran qui riposte : La guerre reprend de plus belle au Moyen-Orient

Les États-Unis ont mené dans la nuit de samedi à dimanche une nouvelle vague de frappes contre l’Iran, affirmant vouloir répondre à la mort de deux de leurs militaires, tués vendredi 17 juillet en Jordanie par des tirs attribués à Téhéran. En représailles, l’Iran a visé ce dimanche des installations au Bahreïn et au Koweït, deux pays alliés de Washington dans le Golfe, selon des sources officielles des deux camps.

Cette huitième nuit consécutive de frappes a ciblé, selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), des sites militaires ainsi que des forces du Corps des Gardiens de la révolution iranienne, présentées par Washington comme responsables des tirs ayant visé des soldats américains en Jordanie le 17 juillet. Les agences de presse iraniennes Mehr et Tasnim ont fait état de frappes à Sirik, un port situé face au détroit d’Ormuz, tandis que l’agence officielle Irna a rapporté une attaque près d’Hajiabad, dans la province méridionale d’Hormozgan. En réponse, l’armée iranienne a annoncé avoir lancé des drones explosifs contre deux bases militaires utilisées par les forces américaines au Koweït, selon la télévision d’État iranienne. Le général Ali Abdollahi, commandant de l’armée iranienne, a averti que toute attaque américaine se heurterait, selon ses mots, à « une riposte décisive et dévastatrice », promettant d’infliger des coûts plus élevés que lors des précédentes phases du conflit. Samedi, le Centcom avait annoncé la mort de deux militaires américains, les premiers depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, ainsi que la disparition d’un troisième, à la suite de tirs de missiles et de drones attribués à l’Iran vendredi en Jordanie. Le bilan américain s’élève désormais à 16 militaires tués depuis le début du conflit, fin février.

Ces échanges marquent un pic de tension inédit depuis le cessez-le-feu conclu en avril, censé mettre un terme à la guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine contre l’Iran le 28 février.

Khamenei : l’accord signé avec Washington « dénué de valeur »

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a accusé samedi Washington d’avoir violé à plusieurs reprises le mémorandum d’entente signé entre les deux pays le 17 juin, estimant que ces manquements démontraient que la signature du président américain était, selon lui, dénuée de valeur. De son côté, l’administration américaine justifie ses frappes comme une réponse proportionnée à la mort de ses soldats.

Selon un bilan communiqué par le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés en Iran depuis le 27 juin. Téhéran avait par ailleurs annoncé samedi avoir frappé une base aérienne utilisée par les États-Unis en Jordanie, ainsi que des installations militaires et des infrastructures civiles au Koweït.

Des sirènes d’alerte aérienne ont retenti dimanche à Bahreïn, où le ministère de l’Intérieur a appelé la population à rester calme et à rejoindre les abris. Au Koweït, une attaque a visé pour la deuxième fois en deux jours une centrale de production d’eau et d’électricité, provoquant un incendie, selon le ministère koweïtien de l’Électricité, qui a dénoncé une agression contre des infrastructures essentielles. Le Conseil de coopération du Golfe a qualifié ces actions de crimes de guerre. Un salarié d’un fournisseur d’électricité koweïtien a fait état de craintes de coupures et d’une inquiétude croissante face à l’extension possible du conflit. En Iran, les autorités de la province d’Hormozgan ont de leur côté affirmé que des frappes américaines avaient détruit une station de pompage d’eau de mer et un transformateur d’une usine de dessalement.

Ormuz paralysé

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a par ailleurs annoncé que les forces américaines avaient visé dimanche une centrale nucléaire en construction à Darkhovin, dans le sud-ouest du pays, une frappe qualifiée de contraire au droit international par Téhéran. Washington n’a pas confirmé ce point à ce stade. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, dont le déverrouillage constituait l’un des acquis du protocole signé le 17 juin, est de nouveau quasiment paralysé. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir empêché plusieurs navires de franchir le détroit sans autorisation, un point de passage stratégique par lequel transitait, avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures. Les États-Unis ont, de leur côté, réinstauré le blocus des ports iraniens qu’ils avaient levé après la signature du protocole d’accord.

Selon des responsables américains et israéliens, Washington aurait informé l’entité sioniste de l’envoi prochain de dizaines d’avions ravitailleurs supplémentaires, dans un contexte d’un possible élargissement des opérations militaires visant l’Iran.

Lyes Saïdi

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