Économie

Entrepreneuriat : Quand la diaspora mise sur le marché algérien

Ils sont ingénieurs à Montréal, chercheurs à Lyon, développeurs à Dubaï ou étudiants à Londres, et ils étaient plus d’une trentaine, samedi à Alger, à avoir fait le choix de consacrer trois jours de leur été à une question simple mais lourde de sens, comment transformer une idée née loin du pays en projet économique concret sur le sol algérien. La 3e édition de la manifestation « 72 heures d’entrepreneuriat », organisée par la caravane nationale « Un jeune, une idée », a réuni ces jeunes de la diaspora aux côtés de porteurs de projets venus de plusieurs wilayas, dans un format pensé pour accélérer le passage de l’intention à l’action.

Au-delà du seul accompagnement technique, la rencontre s’affirme comme un instrument de mobilisation du capital humain et financier de la diaspora, à un moment où l’Algérie cherche à transformer ses talents expatriés en investisseurs plutôt qu’en simple main-d’œuvre exportée. Les travaux de la première journée ont balayé les questions concrètes que se posent les porteurs de projets concernant le climat d’investissement, avantages fiscaux et réglementaires, mécanismes de financement, et modalités pratiques de lancement de start-up et de micro-entreprises. Des sorties de terrain sont prévues à l’accélérateur public « Algeria Venture » ainsi que sur des projets déjà concrétisés par des investisseurs et porteurs d’idées issus de la diaspora, histoire de confronter le discours institutionnel à des réussites tangibles.

Autre fait marquant de cette édition, la signature d’un accord de partenariat entre la caravane « Un jeune, une idée » et la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA), destiné à rapprocher les jeunes porteurs d’idées des entreprises industrielles nationales, dans une logique de recherche conjointe de solutions innovantes.

Le président de l’initiative, Anis Bentayeb, a estimé que cette manifestation confirme que « le climat économique algérien et l’environnement d’investissement sont très encourageants et stimulent les jeunes porteurs de projets », citant « l’existence de véritables modèles concrets sur le terrain qui œuvrent au lancement de projets d’investissement et de projets prometteurs ». Il a insisté sur la nécessité de « soutenir et d’accompagner les enfants de la diaspora et des jeunes de différentes wilayas du pays pour investir dans le pays et lancer leurs projets économiques ».

De son côté, le président par intérim de la CIPA, Saïd Renine, a souligné l’importance de cette manifestation qui « contribue à la promotion de l’innovation dans les milieux des jeunes », assurant que les entreprises membres de la confédération « sont disposées à soutenir toute idée au service de l’économie nationale ».

Sabrina Aziouez

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