Monde

Face à l’escalade sioniste : La présidence palestinienne appelle à une intervention internationale urgente

Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a lancé dimanche un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle intervienne « d’urgence » afin d’imposer un cessez-le-feu effectif et de mettre un terme à l’escalade sioniste qui frappe simultanément la bande de Ghaza et la Cisjordanie occupée. Dans un communiqué relayé par l’agence Wafa, le responsable palestinien a dénoncé la poursuite des destructions à Ghaza ainsi que la multiplication des exactions commises par des colons dans les gouvernorats d’El Khalil, de Naplouse et de Ramallah, où des habitations et un lieu de culte ont été incendiés, des habitants agressés, du bétail volé et des oliveraies entières ravagées par le feu. Pour Abou Roudeina, ces agissements ne relèvent pas d’actes isolés mais s’inscrivent dans une politique délibérée de dépossession territoriale visant à contraindre les Palestiniens à l’exode. Il a tenu l’occupant sioniste pour pleinement responsable de ces violences, estimant qu’elles bénéficient d’une protection et d’une impunité organisées par son appareil militaire, et a appelé Washington à exercer une pression immédiate afin de faire cesser ces pratiques. Le peuple palestinien, a-t-il martelé, restera attaché à sa terre et continuera de revendiquer son droit à un État indépendant avec El Qods-Est pour capitale, ces manœuvres coloniales ne sauront jamais légitimer l’occupation ni imposer un fait accompli.

En Cisjordanie occupée, les violences des colons, systématiquement protégés par l’armée d’occupation, se sont multipliées ce week-end. Dans la nuit, une vingtaine de colons sionistes, certains masqués, ont incendié la mosquée Al-Taqwa dans le village d’Al-Touwani, au sud d’El Khalil, ainsi que deux habitations et une laiterie, avant que les habitants ne parviennent à circonscrire les flammes. Le ministère palestinien des Affaires religieuses a qualifié cette attaque d’« acte terroriste à part entière ». Dimanche, selon l’agence Wafa, des colons appuyés par des militaires ont également attaqué les villages de Deir Ibzi’ et Ain Arik, à l’ouest de Ramallah, y volant du bétail pendant que les forces d’occupation, dépêchées en renfort, prenaient d’assaut le village de Deir Ibzi’ et tiraient à balles réelles sur les habitants. Un récent rapport de l’OCHA a confirmé que ces violences ont atteint un niveau « sans précédent », avec une moyenne de six attaques quotidiennes contre les communautés palestiniennes.

Réagissant à cette escalade, le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a dénoncé « l’imbrication du terrorisme colonial avec l’appareil militaire de l’occupation », y voyant la marque d’une politique systématique visant à créer un environnement coercitif contraignant les Palestiniens à l’exil, en violation flagrante du droit international humanitaire. Il a exhorté la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales en adoptant des mesures contraignantes contre l’entité sioniste, avertissant que la poursuite du silence et de l’impunité ne ferait qu’encourager de nouveaux crimes contre les civils palestiniens.

Ghaza : un effondrement sanitaire et hydrique sans précédent

Sur le terrain, la situation demeure catastrophique après près de trois années d’agression génocidaire sioniste. Selon des sources sanitaires palestiniennes, près de 54 % des médicaments essentiels sont aujourd’hui indisponibles dans les hôpitaux de Ghaza, tandis que les stocks de 65 % des consommables médicaux sont épuisés et que 70 % des ambulances ont été détruites. Le porte-parole de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, Khalil Al-Daqran, a précisé que la moitié des laboratoires du territoire sont hors service, qu’aucun appareil d’IRM n’est plus opérationnel et que l’occupation continue de bloquer l’entrée de tout nouvel équipement médical, plongeant un système de santé qui « a besoin de tout » dans une situation qu’il a qualifiée de « très difficile ». Plus de 1 700 membres du personnel médical sont tombés en martyrs depuis octobre 2023, et 83 professionnels de santé demeurent détenus dans les prisons de l’occupation, tandis que plus de 20 000 malades et blessés attendent une évacuation hors du territoire assiégé.

À cette crise sanitaire s’ajoute un effondrement hydrique alarmant. Le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) a appelé la communauté internationale à agir de toute urgence pour protéger les infrastructures hydrauliques de Ghaza, exhortant les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge et les Etats parties aux Conventions de Genève à exercer une pression immédiate sur l’entité sioniste afin de faire cesser les attaques visant puits, usines de dessalement, stations de pompage et réseaux de distribution — des biens civils indispensables à la survie de la population. Selon l’organisation, plus de deux millions de Ghazaouis sont confrontés à une pénurie d’eau sans précédent qui menace leur vie et leur dignité. Le suivi de terrain du PCHR, croisé aux données de l’Autorité palestinienne de l’eau et de l’Autorité de la qualité de l’environnement, révèle un effondrement structurel : 85 % de la population est privée d’accès régulier à l’eau potable, la production totale d’eau dans l’enclave a chuté de moitié, à 150 000 mètres cubes par jour, et la consommation quotidienne moyenne par habitant s’est effondrée à 25 litres — contre 85 litres avant l’agression — tombant fréquemment sous les 5 litres dans les camps de déplacés, bien en deçà du minimum humanitaire d’urgence. Selon l’UNICEF, environ 1,1 million d’enfants vivent aujourd’hui dans l’incertitude quant à leur accès à l’eau potable, 82 % des ménages souffrant d’insécurité hydrique. Le PCHR réclame un couloir humanitaire permanent pour l’entrée des équipements nécessaires, ainsi que des sanctions et mécanismes de responsabilité pénale à l’encontre de l’entité sioniste, appelant la Cour pénale internationale à prioriser les enquêtes sur l’utilisation de la privation d’eau comme méthode de guerre.

Ce même samedi, dix Palestiniens, dont un couple et trois de leurs enfants, sont tombés en martyrs sous des frappes sionistes, a rapporté la Défense civile. Depuis le 7 octobre 2023, l’agression sioniste a fait 73 269 martyrs et 173 811 blessés, en majorité des femmes et des enfants ; depuis le cessez-le-feu du 10 octobre dernier, 1 144 Palestiniens supplémentaires sont tombés en martyrs.

Lyes S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *