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Université Badji Mokhtar d’Annaba : L’écosystème des start-up gagne en maturité

L’université Badji Mokhtar (UBM) d’Annaba confirme son rôle de locomotive de l’entrepreneuriat universitaire. Portée par les réformes engagées ces dernières années en faveur de l’innovation et de la création d’entreprises, l’institution voit émerger un nombre croissant de projets portés par des étudiants et de jeunes diplômés, illustrant la montée en puissance d’un véritable écosystème dédié aux start-up. Les derniers bilans présentés par les structures d’accompagnement de l’université témoignent de cette dynamique. Depuis sa création, la Maison de l’entrepreneuriat a assuré la formation de 932 étudiants et diplômés à travers 28 sessions consacrées à la création d’entreprise, à l’élaboration de plans d’affaires, à la gestion de projets innovants et aux mécanismes de financement. C’est ce qu’a rapporté l’université d’Annaba sur son compte Facebook. Pour la seule année universitaire 2025-2026, 14 sessions ont bénéficié à 482 étudiants, signe d’un intérêt grandissant des jeunes universitaires pour l’entrepreneuriat, selon les précisions apportées par la même source.

La même dynamique est observée au niveau de l’incubateur de l’université, devenu l’un des principaux leviers de valorisation des projets innovants. Dans ce contexte, il a été fait état de 683 projets incubés et de 2 814 étudiants inscrits dans les différents programmes d’accompagnement. Au-delà des chiffres, ces résultats traduisent l’installation progressive d’une véritable culture entrepreneuriale au sein de la communauté universitaire, encouragée par les nouvelles orientations du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Il faut souligner que, depuis l’introduction du diplôme « Projet innovant – Start-up » et du statut d’étudiant entrepreneur, les universités algériennes sont appelées à transformer les travaux de recherche et les projets de fin d’études en entreprises créatrices de valeur. L’objectif est de rapprocher l’université du monde économique, de favoriser le transfert technologique et de stimuler l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs capables de développer des solutions innovantes répondant aux besoins du marché. À Annaba, cette démarche bénéficie également de l’accompagnement de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE). Entre octobre 2024 et juin 2026, son antenne a enregistré 227 dossiers de création d’entreprise. Parmi eux, 98 ont reçu un avis favorable de la commission de sélection, tandis que 29 projets ont déjà bénéficié d’un financement, permettant à leurs promoteurs de franchir le cap de la concrétisation.

Derrière ces statistiques se dessinent des parcours prometteurs. Originaire d’Aïn Berda et titulaire d’un master en productivité mécanique, Azzedine Aouassa a créé une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de véhicules amphibies. Son projet, développé avec l’appui de l’université et de l’ANADE, ambitionne de répondre aux besoins de plusieurs secteurs, notamment le tourisme balnéaire, les interventions de secours et certaines activités industrielles. À moyen terme, le jeune entrepreneur envisage également de se positionner sur les marchés internationaux. Autre illustration de cette dynamique, Bilal Bourahla a fondé une entreprise de transport et de logistique qui emploie aujourd’hui plus de 300 personnes à travers plusieurs régions du pays. S’appuyant sur des solutions numériques pour optimiser la gestion de ses opérations, l’entreprise nourrit désormais des ambitions de développement sur les marchés africains, démontrant la capacité des jeunes entreprises algériennes à franchir une nouvelle étape de leur croissance.

Outre ces réussites individuelles, l’expérience de l’université Badji Mokhtar reflète l’évolution du rôle de l’enseignement supérieur dans le développement économique. Longtemps centrée sur la formation académique, l’université devient progressivement un espace d’innovation, d’incubation et de création de richesse. En favorisant l’émergence de start-up capables de transformer des idées en projets industriels ou technologiques, elle participe à la diversification de l’économie nationale, à la création d’emplois qualifiés et à la valorisation des compétences locales.

S. Chahine

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