Deux mosquées incendiées : Nouvelle escalade de violence sioniste en Cisjordanie occupée
Des colons sionistes ont incendié dans la nuit de samedi à dimanche deux mosquées dans le nord de la Cisjordanie occupée, un nouvel épisode de la campagne de violence coloniale qui frappe le territoire palestinien et qui a suscité une vague de condamnations. À Qousra, au sud de Naplouse, des colons ont mis le feu à une mosquée en construction. « Le feu a détruit l’entrée de la mosquée et a même endommagé la maçonnerie », a précisé le maire de la ville, Abdel Azim Wadi, ajoutant que des slogans racistes avaient été inscrits sur les murs de l’édifice. Un second incendie s’est produit dans le village de Kour, près de Tulkarem, où une autre mosquée a été la cible d’un incendie et de graffitis à caractère raciste, selon le ministère palestinien des Dotations et des affaires religieuses. Vendredi déjà, quatre Palestiniens étaient tombés en martyrs sous les balles des soldats de l’occupation dans le village de Tell, près de Naplouse, où des colons armés avaient fait irruption.
Ces crimes s’inscrivent dans une escalade continue qui endeuille la Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023. Au moins 1.094 Palestiniens y sont tombés en martyrs sous les balles des soldats ou des colons sionistes, selon le ministère palestinien de la Santé. Dans la bande de Ghaza, l’agression génocidaire sioniste a fait, selon un bilan communiqué lundi par les autorités sanitaires palestiniennes, 73.329 martyrs et 174.009 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le début de l’agression. Trois corps supplémentaires et douze blessés ont été transférés vers les hôpitaux de l’enclave au cours des dernières 24 heures, de nombreuses victimes se trouvant encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, 1.203 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3.900 autres ont été blessés, tandis que les corps de 803 martyrs ont pu être récupérés.
Réagissant à ces nouveaux crimes, l’OCI a condamné, dimanche soir, « avec la plus grande fermeté » la poursuite des actes de terrorisme perpétrés par les colons sionistes, affirmant que ces agissements s’inscrivent dans le cadre d’« une vaste offensive coloniale et agressive » menée contre les civils palestiniens avec la participation et la protection des forces d’occupation, touchant l’ensemble des territoires palestiniens occupés, y compris Al-Qods. L’organisation a mis en garde contre le fait que le ciblage des mosquées et les atteintes aux lieux saints constituent « une violation grave du caractère sacré des lieux de culte, de la liberté de religion et de croyance », appelant la communauté internationale à « condamner ces crimes odieux » et à agir pour que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a de son côté appelé, dimanche, à une action internationale « urgente » pour mettre fin à l’agression sioniste et au terrorisme colonial visant son peuple. Dans des messages adressés à plusieurs dirigeants, à l’Union européenne, à la Ligue des Etats arabes et au président du Conseil de sécurité de l’ONU, relayés par l’agence Wafa, il a estimé que les violences en cours ne relèvent plus d’actes sporadiques mais d’« une politique sioniste systématique » visant à imposer de nouvelles réalités sur le terrain à travers l’expansion des colonies et l’affaiblissement des institutions palestiniennes, compromettant délibérément la solution à deux Etats. Il a exhorté la communauté internationale à faire pression sur l’entité sioniste pour qu’elle mette fin aux attaques des colons et à appliquer la résolution 2334 du Conseil de sécurité, qui affirme l’illégalité de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés.
Depuis Pretoria, l’ambassadrice palestinienne en Afrique du Sud, Hanan Jarrar, a également appelé, lundi, à des mesures « concrètes et urgentes » pour mettre fin à l’impunité sioniste, plaidant devant le Parlement panafricain pour le désarmement des colons, l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et l’application de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice ayant conclu, en 2024, à l’illégalité de l’occupation et de la colonisation sionistes.
L.S.

