Brésil : Deux joyaux de l’âge d’or du caoutchouc en Amazonie inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
Deux théâtres emblématiques de l’Amazonie brésilienne, le Teatro Amazonas de Manaus et le Theatro da Paz de Belem, ont fait leur entrée, lundi, sur la Liste du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), devenant ainsi les tout premiers sites culturels du nord du Brésil à bénéficier de cette distinction internationale. La décision a été actée lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial, réunie à Busan, en République de Corée. Les deux édifices, érigés à l’apogée du boom du caoutchouc à la fin du XIXe siècle dans un style européen fastueux, incarnent la prospérité fulgurante qu’a connue alors la région amazonienne, lorsque l’exploitation de l’hévéa transforma en quelques décennies des villes isolées de la forêt tropicale en cités cossues rivalisant avec les capitales du Vieux Continent. Édifié au cœur même de la forêt amazonienne, le Teatro Amazonas fut inauguré en 1896 à Manaus. Sa construction mobilisa des matériaux acheminés depuis l’Europe, dont du marbre de Carrare importé d’Italie et des tuiles venues d’Alsace, en France, témoignant de l’ambition démesurée des barons du caoutchouc de reproduire, en pleine jungle, le faste des grands opéras européens. Devenu l’un des symboles culturels les plus reconnaissables du Brésil, l’édifice accueille chaque année le Festival d’opéra d’Amazonas, rendez-vous incontournable de la scène lyrique sud-américaine.
À Belem, capitale de l’État du Para, le Theatro da Paz suit une trajectoire similaire. Inauguré en 1878 puis agrandi par la suite, il figure parmi les plus anciens opéras du pays et demeure aujourd’hui l’un des exemples les plus aboutis de l’architecture néoclassique en Amazonie.
Avec ces deux nouvelles inscriptions, le Brésil porte à 26 le nombre total de ses biens classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, une liste qui se répartit désormais entre 16 sites culturels, neuf sites naturels et un site mixte, alliant valeur culturelle et naturelle. Cette reconnaissance vient consacrer, au-delà de la seule valeur architecturale des deux théâtres, la mémoire d’une page économique et sociale singulière de l’histoire amazonienne, à l’heure où la région concentre également les regards du monde sur ses enjeux environnementaux contemporains.
R.C.

