Dessalement : 12 wilayas de l’Ouest et du Centre bientôt raccordées aux nouvelles stations
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présidé lundi à Alger une réunion de suivi consacrée à l’avancement des grands projets de raccordement à l’eau potable et d’assainissement, insistant sur l’urgence d’accélérer la cadence des chantiers stratégiques du secteur, indique un communiqué du ministère publié ce mardi. Au cœur des discussions figure le raccordement à distance de douze wilayas aux nouvelles stations de dessalement d’eau de mer de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, un dispositif appelé à transformer durablement l’alimentation en eau potable de larges pans du pays. Cette réunion de travail, qui s’est tenue en présence des cadres du ministère ainsi que des responsables de l’Algérienne des Eaux (ADE) et de l’Office national de l’assainissement (ONA), a permis de dresser un état des lieux précis des projets pilotés par les deux établissements. Le communiqué précise que les échanges ont notamment porté sur « les procédures de lancement des projets de raccordement à distance, comprenant un réseau de conduites de transfert et de raccordement s’étendant sur plus de 250 kilomètres vers chacune des wilayas concernées », un chantier d’ampleur qui donne la mesure de l’effort d’infrastructure engagé.
La répartition géographique de cette nouvelle desserte a été détaillée. Ainsi, « la station de dessalement de Tlemcen alimentera les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. Celle de Mostaganem couvrira les wilayas de Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt, tandis que la station de Chlef approvisionnera les wilayas de Chlef, Aïn Defla, Médéa ainsi que la partie est de la wilaya de Tissemsilt », précise la même source. Un maillage qui doit sécuriser l’approvisionnement en eau potable d’une bande de wilayas de l’Ouest et du Centre régulièrement confrontées au stress hydrique.
D’autres chantiers stratégiques ont également été passés en revue. C’est le cas du transfert à partir de la station de Fouka 2, « déjà mis en service et qui a commencé à alimenter les communes de la partie est de la wilaya de Blida », ou encore du projet de Koudiet Draouche, reliant El Tarf et Guelma, « entré partiellement en exploitation », la mise en service complète des autres installations étant attendue après l’achèvement des essais techniques. Le communiqué mentionne par ailleurs des dossiers en cours dans le sud, avec l’approvisionnement de la région de Tin Zaouatine, ainsi que des projets à Souk-Ahras et à El Eulma, cette dernière devant être alimentée à partir du barrage de Draâ Diss, aux côtés de plusieurs communes du nord-est de la wilaya de Sétif.
Le volet assainissement n’a pas été en reste. L’exposé présenté lors de la réunion relève que l’ONA « assure la réalisation de 147 projets sur un total de 151 programmés », des opérations qui incluent la construction et la réhabilitation de stations d’épuration dotées d’un traitement tertiaire, en vue de réutiliser les eaux épurées pour l’irrigation agricole et les usages industriels, un enjeu de plus en plus central dans la stratégie nationale de gestion de la ressource.
Au terme de cette séance de travail, le ministre de l’Hydraulique a fixé le cap pour les prochaines semaines. Selon le communiqué, Lounès Bouzegza « a insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme de réalisation des travaux, de respecter les normes de qualité et de hâter la mise en service des projets achevés, tout en imposant un suivi quotidien des travaux et en renforçant la coordination entre les différents intervenants, afin de consolider la sécurité hydrique et d’améliorer le service public de l’eau et de l’assainissement ». Un mot d’ordre qui traduit la pression exercée sur les gestionnaires du secteur pour transformer rapidement ces chantiers en robinets qui coulent, alors que la sécurisation de l’eau potable demeure une priorité affichée face aux défis climatiques croissants.
R.N.

