Mine de Gara Djebilet et PPI : 5 ministères mobilisés pour accélérer la cadence
Les secrétaires généraux de cinq ministères se sont réunis mardi au siège du ministère des Hydrocarbures pour faire le point sur l’avancement des grands projets miniers du pays.
La rencontre, présidée par le secrétaire général du ministère des Hydrocarbures, M. Medjelled Miloud, a réuni ses homologues de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Transports, des Mines et des Industries minières, ainsi que de l’Hydraulique. Un format resserré, pour un objectif clair, celui d’accélérer des projets miniers structurants. Selon le communiqué du ministère des Hydrocarbures, les discussions ont porté sur « le projet d’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, le projet de phosphate intégré et les projets de réalisation des infrastructures d’accompagnement nécessaires à l’exploitation et à la production », en particulier celles liées à la mobilisation des ressources hydriques et au renforcement des capacités de transport ferroviaire et logistique. L’objectif affiché est de garantir la fluidité de l’acheminement des produits miniers entre les sites d’exploitation, de traitement et de transformation industrielle, et les ports d’exportation.
C’est bien là que se joue, pour l’instant, la partie la plus délicate du dossier. Les participants ont examiné dans le détail les besoins de l’unité de traitement primaire du minerai de fer à Gara Djebilet, ceux du projet de production de concentré de fer dans la région de Toumiat, à Béchar, ainsi que les complexes de traitement, de transformation et de valorisation du phosphate de Bled El Hadba, à Tébessa, et d’Oued Kebrit, à Souk Ahras. Autant d’unités industrielles dont la mise en service progressive nécessite un approvisionnement en eau calibré phase par phase, un exercice que le communiqué qualifie de priorité, appelant à « poursuivre le renforcement des capacités d’approvisionnement en eau, en adéquation avec les différentes phases de mise en service de ces installations industrielles ».
Le volet transport n’a pas été traité en marge. La réunion a fait le point sur les programmes de renforcement des capacités de chargement et de transport des minerais de fer et de phosphate, un chantier directement lié à la montée en puissance des lignes ferroviaires dédiées. L’enjeu est double : accompagner la hausse progressive de la production sans créer de goulot d’étranglement logistique, et assurer l’acheminement des matières premières et des produits transformés vers les unités industrielles nationales et les ports d’exportation. C’est la condition, répète-t-on du côté des ministères concernés, pour bâtir une véritable chaîne de valeur minière et industrielle intégrée, du site d’extraction jusqu’au quai d’embarquement.
Dans leur intervention commune, les secrétaires généraux ont été sans détour sur l’urgence de la période. « La phase actuelle exige un renforcement de la coordination sur le terrain entre les différents secteurs et organismes concernés, ainsi que le traitement rapide de l’ensemble des préoccupations techniques et administratives, de manière à garantir le respect du calendrier fixé pour l’entrée en exploitation des projets », ont-ils affirmé, ajoutant que cette mobilisation s’inscrit dans les « instructions du président de la République visant à valoriser les ressources minières nationales, à renforcer l’intégration industrielle et à accroître la contribution du secteur minier à la diversification de l’économie nationale ».
Pôle industriel et minier régional
Au terme de la rencontre, les participants ont acté la mise en place d’un mécanisme de suivi périodique entre secrétaires généraux des secteurs concernés, chargé d’évaluer l’avancement des travaux, d’assurer une coordination permanente et de lever au fur et à mesure les blocages techniques ou administratifs. L’objectif final, selon le communiqué, est de tenir les délais impartis pour l’ensemble des projets, « en vue de renforcer la position de l’Algérie en tant que pôle industriel et minier régional et de consolider les fondements de la sécurité industrielle et de la souveraineté économique nationale ».
Cette réunion technique s’inscrit dans la continuité d’un suivi désormais assumé au plus haut niveau de l’État. Le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même présidé, le 21 juillet, une réunion consacrée à cinq chantiers jugés stratégiques à savoir le phosphate intégré Bled El Hadba-Oued Kebrit-Annaba, la ligne minière Est, l’extension du port d’Annaba, le complexe de fer de Gara Djebilet et la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour. Le chef de l’État a fixé rappelons-le au premier trimestre 2027 l’entrée en production effective du phosphate, tandis que le taux d’avancement de l’unité de traitement primaire du fer à Gara Djebilet dépassait déjà les 95 %. Un calendrier qui s’inscrit dans un objectif macroéconomique assumé par le Président Tebboune, porter le produit intérieur brut national au-delà de 400 milliards de dollars à l’horizon 2027, dans une trajectoire de diversification économique où les mines doivent progressivement prendre le relais des hydrocarbures.
Samira Ghrib
2e ouv

