Site de « l’homme de Tighennife : Les fouilles relancées
Deux chercheurs, l’un algérien, l’autre espagnol, se sont rendus lundi et mardi sur le site préhistorique de « l’Homme de Tighennif », dans la wilaya de Mascara, pour superviser la poursuite de la 11e campagne de fouilles, quelques semaines après la découverte d’une défense d’éléphant fossilisée estimée à 1,2 million d’années, a indiqué jeudi la Direction de la culture et des arts de la wilaya.
Cette visite scientifique a réuni le Pr Mohamed Sahnouni, chercheur au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) d’Alger et responsable du programme de fouilles, et le chercheur espagnol Josep Maria Parés, du Centre national de recherche sur l’évolution humaine (CENIEH) de Burgos. Selon la même source, la mission des deux spécialistes visait à vérifier les données scientifiques collectées sur le site, à inspecter en détail plusieurs de ses secteurs et à prélever de nouveaux échantillons destinés à affiner la datation des découvertes archéologiques.
Les pièces recueillies lors de cette mission ont depuis été acheminées vers le CNRPAH d’Alger, où elles feront l’objet d’études approfondies, en collaboration avec le chercheur Josep Maria Parés. Cette coopération scientifique s’inscrit dans le cadre d’un partenariat structurel liant l’institution algérienne au CENIEH de Burgos, sous la supervision du ministère de la Culture et des Arts, précise la Direction de la culture et des arts de Mascara.
Cette visite intervient dans le prolongement direct de la 11e campagne de fouilles, conduite du 10 au 28 juin dernier sous la direction du Pr Sahnouni, avec le concours d’une équipe de chercheurs du CNRPAH et d’étudiants en archéologie venus de plusieurs universités algériennes. Cette campagne avait été marquée par une découverte d’importance : une défense appartenant à l’« éléphant de l’Atlas », une espèce aujourd’hui disparue, dont l’ancienneté est évaluée à environ 1,2 million d’années — une trouvaille qui vient enrichir un site déjà considéré comme une référence pour la compréhension des premiers peuplements humains en Afrique du Nord.
Étendu sur plus d’un hectare et classé au patrimoine culturel national, le site de « l’Homme de Tighennif » figure parmi les gisements préhistoriques les plus importants du continent. Il occupe une position centrale dans la chronologie des civilisations anciennes, ayant livré des restes attribués à certains des plus anciens représentants humains connus dans la région, aux côtés d’un ensemble de fossiles comprenant des ossements de grands mammifères et des outils en pierre relevant de la tradition acheuléenne, datés entre 1 et 1,2 million d’années. À travers cette mission conjointe, les autorités culturelles entendent poursuivre la valorisation scientifique de ce gisement exceptionnel, dont chaque campagne de fouilles apporte un éclairage nouveau sur les origines de la présence humaine en Afrique du Nord, confortant la réputation internationale de Tighennif comme jalon incontournable de la préhistoire méditerranéenne.
Mohand Seghir

