Culture

Festival international du court métrage de Timimoun : Un laboratoire pour jeunes cinéastes algériens

Le 2e Festival international du court métrage de Timimoun (TISFF), prévu du 5 au 10 novembre prochain dans la capitale du Gourara, a annoncé le lancement d’un laboratoire national dédié au développement de projets de courts métrages de fiction, en hommage au réalisateur et scénariste algérien Anis Djaad, disparu cette année, indiquent les organisateurs. Baptisée « Résidence de création Anis Djaad Gourara Lab », l’initiative se veut, selon un communiqué du Commissariat du festival publié mercredi, un hommage au parcours du cinéaste et à « sa vision adoptée tout au long de sa carrière, dans le développement de l’idée et du scénario, pierre angulaire de la réalisation cinématographique ». Ouvert aux réalisateurs et scénaristes algériens, résidant en Algérie ou à l’étranger, le programme couvre l’ensemble des étapes de la fabrication d’un film, du développement du scénario à la construction des personnages, en passant par la réalisation et la production, avec en prime une formation à la présentation de projets devant des professionnels du secteur.

Les porteurs de projets de court métrage de fiction dont le tournage n’a pas encore débuté peuvent soumettre leurs candidatures du 1er août au 1er septembre 2026, précisent les organisateurs, qui ajoutent que les projets de fiction, d’animation, ou les œuvres « hybrides » à dominante fictionnelle, encore au stade de traitement cinématographique, sont également recevables.

La résidence se déroulera en trois temps, à Alger d’abord, pour le développement du projet, l’écriture et la définition de la vision cinématographique ; à Tinerkouk ensuite, pour la finalisation des dossiers de scénario, techniques et de production ; puis à Timimoun enfin, où les projets seront présentés lors de rencontres professionnelles et d’entretiens individuels. Une bourse « Anis Djaad » viendra couronner l’un des projets à l’issue de l’atelier, avec à la clé un soutien à la réécriture, à la production et au financement, ainsi qu’un accompagnement juridique, technique et stratégique, l’objectif étant d’accompagner le film jusqu’à sa projection lors de l’édition 2027 du festival.

Cette initiative intervient alors que le festival, placé sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, confirme son ambition de s’imposer comme un rendez-vous majeur du court métrage dans la région. Le Commissariat a en effet annoncé avoir enregistré, à l’issue de l’appel à candidatures clos le 30 juin, un total de 3 265 films en provenance de 132 pays, contre 62 films représentant 31 pays lors de la première édition tenue en novembre 2025. Les œuvres soumises se répartissent entre 1 603 courts métrages de fiction, 1 033 documentaires et 629 films d’animation.

Les films en lice doivent avoir été produits en 2025 ou 2026, durer entre 10 et 40 minutes, disposer d’un sous-titrage en arabe ou en anglais, et être présentés en avant-première nationale. Outre le Grand Prix « Gourara d’Or », les organisateurs prévoient plusieurs distinctions, dont les prix de la meilleure réalisation, du meilleur scénario, de la meilleure interprétation, ainsi que le Prix Tinerkouk du meilleur film africain. La sélection officielle, actuellement en cours d’examen par une commission technique spécialisée, sera dévoilée ultérieurement. Avec ce Gourara Lab, le TISFF entend ainsi ne pas se limiter à la seule compétition et projection de films, mais investir également le champ de l’accompagnement en amont, en offrant aux jeunes talents algériens un cadre structuré pour faire mûrir leurs projets.

Mohand S.

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