Culture

Vieille ville d’Annaba : Le Plan de sauvegarde et du secteur historique entre en phase opérationnelle

Le processus de sauvegarde de la Médina d’Annaba entre dans une nouvelle phase. Le Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur de ce secteur historique est entré officiellement dans sa phase opérationnelle avec l’installation de l’entreprise de travaux publics, chargée de réaliser les premières interventions d’urgence. Longtemps attendu, le lancement, mardi dernier, de l’opération marque le passage des études et des procédures administratives à l’action sur le terrain, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans la protection d’un patrimoine urbain qui constitue l’un des principaux témoins de l’histoire plurimillénaire de la ville. La vieille ville d’Annaba, appelée communément la Place d’Armes, représente une mémoire vivante où se superposent les différentes civilisations ayant marqué l’antique Hippone, depuis les périodes numide, romaine, byzantine et ottomane jusqu’à l’époque coloniale. Ses ruelles, ses façades, ses demeures traditionnelles et son organisation urbaine racontent une partie de l’identité de la cité et témoignent d’un héritage architectural d’une valeur inestimable. Or, les effets conjugués du temps, des intempéries, du manque d’entretien et de l’urbanisation ont progressivement fragilisé une partie de ce patrimoine, rendant urgente une intervention afin d’éviter la disparition irréversible de plusieurs édifices historiques.

Les travaux engagés ciblent en priorité les immeubles identifiés comme les plus vulnérables. Il s’agira de consolider les structures présentant des risques d’effondrement, de stopper les processus de dégradation les plus avancés et de sécuriser les constructions afin de préserver la cohérence architecturale du tissu urbain traditionnel. Ces opérations constituent une première étape avant le lancement des chantiers de restauration et de réhabilitation prévus dans le cadre du plan global, lequel vise à redonner toute sa valeur à ce quartier historique tout en préservant son authenticité antique. Au-delà de la simple restauration du bâti, cette démarche répond à un enjeu culturel, identitaire et économique majeur. La préservation du patrimoine contribue en effet à renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens à leur histoire, tout en offrant des perspectives importantes en matière de développement touristique et de valorisation du patrimoine culturel. Dans de nombreuses villes historiques, la réhabilitation des centres anciens a permis de redynamiser les activités économiques locales, d’encourager l’artisanat traditionnel et de créer de nouveaux espaces de valorisation culturelle. Annaba entend désormais inscrire sa vieille ville dans cette dynamique de renaissance patrimoniale. La cérémonie d’installation de l’entreprise s’est déroulée en présence de l’ensemble des partenaires impliqués dans cette opération, notamment la directrice de la Culture de la wilaya, le représentant du bureau d’études chargé du suivi technique du projet, le vice-président de l’Assemblée populaire communale d’Annaba chargé de l’urbanisme, des représentants de la Direction de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC), de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), ainsi que le président de l’association de la vieille ville. Une mobilisation qui illustre la volonté des pouvoirs publics, des institutions techniques et du mouvement associatif de conjuguer leurs efforts pour assurer une protection durable de ce patrimoine exceptionnel. Le lancement effectif de ces travaux envoie ainsi un signal fort quant à la volonté de préserver un héritage qui dépasse le simple cadre architectural.

Sofia Chahine

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