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L’Algérie mise sur ses routes, ses ports et sa fibre optique pour concrétiser l’intégration économique régionale : Un hub entre la Méditerranée et le Sahel

Un documentaire diffusé dimanche soir sur la Télévision algérienne a remis sous les projecteurs la stratégie continentale de l’Algérie, dressant le portrait d’un pays qui construit patiemment son statut de hub logistique et numérique entre la Méditerranée et le Sahel. Intitulé « Algérie Afrique, les liens de l’avenir », le film s’appuie sur les témoignages de responsables des transports, des travaux publics, du transport maritime et aérien ainsi que des télécommunications pour raconter comment routes, ports, lignes aériennes et câbles à fibre optique dessinent, morceau par morceau, un même projet d’intégration économique du continent. Le fil conducteur s’appuie sur une idée simple. L’Algérie voit dans la connectivité le socle d’une souveraineté économique africaine encore à construire, et elle mise sur ses infrastructures pour ouvrir de nouveaux corridors commerciaux capables de mieux valoriser les ressources du continent.

Sur le volet routier, le conseiller du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports chargé des transports, Abdelkrim Rezzal, rappelle que le pays a très tôt fait sien le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », en plaçant les infrastructures logistiques au cœur de son soutien au développement du continent. Il revient sur la genèse de la route transsaharienne, projet porté à l’origine par la volonté des chefs d’État des pays sahéliens de stimuler leurs économies par le commerce et l’aménagement du territoire. Pour lui, ce chantier a changé de nature avec le temps. Il ne s’agit plus seulement de construire une chaussée, mais de la transformer en corridor économique à part entière.

Pour resituer l’ampleur du projet, un rappel s’impose, indépendant du documentaire. Selon les données publiées ces derniers mois par le Comité de liaison de la route transsaharienne, l’axe qui doit relier Alger à Lagos sur environ 4 500 kilomètres est achevé à plus de 90 %, la portion algérienne de 2 400 kilomètres étant, elle, totalement réalisée depuis 2025. Il reste encore près de 700 kilomètres à finaliser au Mali.

C’est précisément sur ce point que le directeur général des infrastructures au ministère des Travaux publics, Smaïl Rabehi, apporte des précisions concrètes dans le documentaire. Il reconnaît que le projet se heurte à des obstacles, mais assure qu’ils sont levés au fur et à mesure grâce à des méthodes de chantier adaptées aux contraintes du terrain saharien. L’Algérie, dit-il, apportera sa pierre à l’achèvement de la route au Tchad en réalisant deux tronçons de 76 et 85 kilomètres, un appui censé accélérer le bouclage de l’ensemble du corridor.

Le documentaire s’attarde ensuite sur le maillon maritime, jugé indispensable pour les pays africains enclavés qui cherchent un accès fluide aux marchés mondiaux. Le directeur du transport maritime des marchandises au même ministère, Abdelhak Boukherouba, explique que l’Algérie travaille à relier ses ports aux autoroutes et aux voies ferrées, une articulation qui doit permettre aux pays du Sahel de rejoindre les circuits commerciaux internationaux via un corridor logistique national. Selon lui, cette solution ferait gagner environ douze jours de transport et réduirait les coûts d’environ 30 %. Il évoque également un programme de renouvellement de la flotte nationale, la modernisation des équipements portuaires et la création annoncée d’une autorité nationale des ports, pensée pour renforcer la gouvernance du secteur et poursuivre la numérisation des procédures.

Le volet aérien n’est pas en reste. Siham Kadi, chargée des affaires internationales au sein du groupe Air Algérie, indique que le pavillon national, déjà implanté en Afrique de l’Ouest, cherche désormais à étoffer son offre long-courrier pour se hisser parmi les grandes compagnies du continent.

Reste le champ numérique, prolongement naturel de cette stratégie de connectivité. La directrice centrale d’Algérie Télécom, Rachida Bouhabda, met en avant le projet de liaison par fibre optique transsaharienne, qui associe six pays, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad, autour d’un axe reliant Alger à Lagos. Sa mise en service doit, selon elle, renforcer la connectivité du Sahel et accompagner une véritable transition numérique régionale. Elle mentionne aussi deux futurs câbles sous-marins prévus à l’horizon 2028 et 2029, ainsi que des projets de centres de données destinés à consolider la place de l’Algérie sur les routes internationales de la donnée.

Chokri Hafed

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