Numérisation de l’état civil : Sayoud hausse le ton face aux « insuffisances »
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé lundi soir au Palais du gouvernement une réunion de travail consacrée à l’état d’avancement de la numérisation du secteur, en présence des cadres du département en charge de ce dossier, en application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à accélérer la transformation numérique et à renforcer l’interconnexion entre les différents secteurs.
La rencontre a permis de dresser un bilan des chantiers numériques en cours, en particulier ceux touchant directement aux services rendus aux citoyens, à commencer par la carte grise et les documents d’état civil, deux dossiers sensibles pour un département qui gère le quotidien administratif de millions d’Algériens. Selon le communiqué, la séance a été « consacrée à l’évaluation de la situation de la numérisation du secteur, et à faire le point sur l’état d’avancement des différents projets et systèmes numériques », avec un accent particulier mis sur le diagnostic des « insuffisances et dysfonctionnements enregistrés, notamment ceux susceptibles d’affecter la continuité et la qualité des services fournis ».
Ce rendez-vous intervient alors que les deux chantiers ne progressent pas au même rythme. Le nouveau système de numérotation nationale unifiée des véhicules, censé mettre fin aux lenteurs et aux falsifications entourant la délivrance de la carte grise, a été généralisé à l’ensemble des communes du pays au printemps, avec une décentralisation de la procédure jusqu’au niveau municipal. La numérisation de l’état civil, elle, continue de buter sur des difficultés d’articulation entre les nouvelles compétences transférées aux officiers d’état civil et l’ancien circuit administratif, une situation qui a nourri les remontées de terrain évoquées lors de la réunion.
Face à ces constats, le ministre a haussé le ton. D’après le texte diffusé par son département, Saïd Sayoud a donné « des instructions fermes pour une mobilisation totale et une prise en charge immédiate des insuffisances constatées », exigeant d’« accélérer le rythme de leur traitement » et d’assurer un « suivi continu des différents projets et systèmes numériques ». L’objectif affiché est de tenir les délais fixés pour chaque opération, tout en plaçant, selon ses mots, « les préoccupations du citoyen au premier rang des priorités ».
Le ministre a par ailleurs insisté sur le décloisonnement entre services, appelant à « élever le niveau de coordination et de complémentarité entre les différentes structures concernées » et à mobiliser tous les moyens disponibles pour concrétiser les objectifs fixés en matière de numérisation, « selon des délais précis et des résultats concrets ». Une feuille de route qui vise, in fine, l’amélioration de la performance du service public, la simplification des procédures et la consolidation d’une administration moderne, efficace et proche du citoyen, trois maîtres mots qui reviennent, depuis plusieurs mois, dans le discours de l’ensemble des départements ministériels engagés dans la même dynamique de digitalisation de l’État.
Massinissa Raïs

