5 grands festivals pour animer la fin de l’été
Le ministère de la Culture et des Arts a annoncé, mardi, la reprise de sa programmation culturelle nationale à travers cinq grands festivals prévus entre la mi-août et le début septembre 2026, et ce après une suspension motivée par les tragiques évènements induits par les incendies qui ont affecté plusieurs wilayas du pays.
Selon le communiqué, l’opération concerne quatre wilayas, Alger, Constantine, Tipaza et Sidi Bel Abbès, et se présente comme « un tableau complet de notre patrimoine, de notre identité et de notre création contemporaine ». Le coup d’envoi de cette saison sera donné samedi à Alger, au parc des Sablettes, avec la neuvième édition du Festival culturel international « L’été en musique », prévue du 15 au 21 août. Le ministère décrit ce rendez-vous comme une ouverture, « depuis le balcon de la Méditerranée », par « des noces internationales mariant les sonorités du patrimoine algérien aux couleurs de la musique mondiale ». La capitale y devient un lieu où « les mélodies deviennent une langue commune », confirmant sa vocation de destination du tourisme culturel. L’entrée reste gratuite pour l’ensemble du public.
Constantine prendra le relais du 26 au 30 août avec la quinzième édition du Festival culturel national de l’Aïssaoua, organisé sous le slogan « l’Aïssaoua, un patrimoine qui nous rassemble, une culture qui nous unit ». La manifestation célèbre un rite collectif hérité de la confrérie soufie fondée par Cheikh Mohamed El Hadi Ben Aïssa, longtemps porté par les zaouïas de l’Est algérien. Son retour dans la ville des ponts suspendus, après plusieurs années d’absence, est vécu par les milieux culturels locaux comme une reconquête symbolique d’un berceau historique de cet art soufi. Le programme prévoit soirées artistiques, représentations de proximité, conférences et séances de dhikr, dans une approche que le ministère qualifie de globale, mettant en avant « les valeurs culturelles et spirituelles du patrimoine aïssaoua ».
Cap ensuite sur Tipaza, du 27 au 30 août, pour la quatorzième édition du Festival culturel national de la musique actuelle. Installé dans l’enceinte du port, « ouvert sur l’histoire et la mer », l’évènement veut incarner « l’Algérie d’aujourd’hui, dynamique, tournée vers l’avenir et audacieuse », une plateforme censée prouver que le patrimoine national « s’étend vers le futur ».
Retour à Alger du 29 août au 1er septembre pour la huitième édition du Festival culturel national du costume traditionnel algérien, organisé au palais des Raïs (Bastion 23) sous le thème « la djebba et la blouza, des créations pour une identité authentique ». Le ministère y voit bien plus qu’un défilé de vêtements, il évoque « notre mémoire et notre identité tissées fil à fil, une histoire qui marche sur terre ». Chercheurs, créateurs, artisans et passionnés de patrimoine sont attendus pour explorer la richesse du costume algérien, présenté comme « l’un des symboles les plus marquants de l’identité nationale » et « ambassadeur de l’élégance algérienne dans le monde ».
La série s’achèvera à Sidi Bel Abbès du 31 août au 3 septembre avec la quinzième édition du Festival culturel national de la chanson raï. Le communiqué souligne que la manifestation se tient « au coeur de l’Ouest algérien, là où le raï est né du ventre de la vie quotidienne », réunissant « les plus grandes stars nationales de ce genre musical » et rendant hommage à un art « qui représente une biographie populaire de la confession, de la résistance et de la joie ».
Ce dernier rendez-vous prend, cette année, une portée particulière. Le ministère a officialisé, par un arrêté ministériel du 18 mai 2026 publié au Journal officiel numéro 53 du 23 juillet dernier, la création d’un nouveau Festival culturel international de la chanson raï à Oran, tout en réinstallant le festival national dans son siège d’origine, Sidi Bel Abbès, berceau historique de ce genre musical qu’Oran organisait à titre provisoire depuis 2022. Oran hérite désormais d’une vocation internationale, pendant que Sidi Bel Abbès retrouve son rôle de pôle de recherche sur les tabaâ authentiques du raï. La chercheuse Narjes Zerhouni a été nommée commissaire du festival national, tandis qu’Hossam Eddine Herzallah prend la tête de l’édition d’Oran. Cette réorganisation prolonge les engagements pris par l’Algérie après l’inscription du raï, en 2022, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’UNESCO.
Mohand Seghir

