Festival international du film d’Alger : Nadia Meflah, une valeur sure du cinéma, aux commandes artistiques
Le Commissariat de l’Algiers International Film Festival a annoncé, mardi, la nomination de Nadia Meflah au poste de directrice artistique du rendez-vous cinématographique, dont la 13e édition est programmée du 5 au 12 décembre à Alger. Le communiqué signé par le Commissariat du festival précise que la nouvelle directrice artistique « apporte à cette nouvelle fonction une expérience reconnue dans l’analyse, la programmation et la transmission cinématographiques ». Critique de cinéma et auteure, Nadia Meflah a signé « Chaplin et les femmes » aux éditions Philippe Rey et réalisé le documentaire « Oum Kalthoum, la voix du Caire », diffusé sur Arte. Membre de la Fipresci, elle a par ailleurs été programmatrice à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, une expérience qui pèsera sur la ligne artistique qu’elle entend donner à la manifestation algéroise.
Le texte rappelle aussi son engagement de longue date auprès du cinéma algérien, notamment à travers le Bejaia Lab, laboratoire d’accompagnement de jeunes talents nationaux auquel elle a « contribué au développement de nouveaux talents ». Nadia Meflah a également siégé au sein de la commission Aide aux cinémas du monde, portée conjointement par le CNC et l’Institut français, et enseigné à l’université Columbia de New York. Un parcours que le communiqué présente comme un « atout pour accompagner le développement artistique et l’ouverture internationale du festival ».
La promesse d’une plus grande ouverture sur le monde
Dans les lignes qu’elle consacre à sa vision, la nouvelle directrice artistique situe sa démarche du côté d’« un cinéma qui ne se détourne pas du monde, mais qui choisit de le regarder en face, de l’interroger et, peut-être, de contribuer à le transformer ». Cela reflète les contours d’une programmation tournée vers les cinémas engagés, loin des seules productions de divertissement.
Nadia Meflah affirme vouloir faire de la Capitale un carrefour du cinéma mondial. « C’est cet héritage que nous avons aujourd’hui la responsabilité de prolonger et de porter plus loin, faire d’Alger un centre majeur du cinéma mondial, un lieu où puissent se rencontrer les artistes de tous les horizons, épris de liberté, de justice et de solidarité », écrit-elle dans le communiqué. Une ambition qui s’inscrit dans la continuité des éditions précédentes, quand le festival avait déjà fait de la question palestinienne et des cinémas du Sud des axes forts de sa programmation.
Le Commissariat du festival salue par la même occasion le travail de Nabila Rezaig, qui occupait jusque là la direction artistique, et lui adresse ses remerciements pour sa contribution au développement de l’événement. L’équipe organisatrice dit vouloir ouvrir, aux côtés de Nadia Meflah, « une nouvelle étape de l’histoire » du festival, dont la treizième édition se tiendra en décembre prochain à Alger, sous une direction artistique qui promet un rendez-vous cinéphile résolument tourné vers les urgences du monde contemporain.
Mohand S.

