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Enafor s’apprête à lancer le forage du champ Kafra Sud-Est 1 : Sonatrach reprend pied au Niger

L’Entreprise nationale de forage (ENAFOR), filiale du groupe Sonatrach, a achevé les derniers préparatifs avant le lancement du forage du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », dans la région d’Agadez, au nord du Niger, à quelque 85 kilomètres de la frontière algérienne. Premier projet du genre mené par une entreprise algérienne dans cette partie du territoire nigérien, ce chantier illustre la montée en puissance du partenariat énergétique entre Alger et Niamey, un rapprochement que les deux capitales ont multiplié les gestes pour consolider depuis le début de l’année. Sonatrach , déjà présent sur le champ de Kafra depuis plusieurs mois via sa filiale SIPEX, y avait obtenu des résultats que le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, avait qualifiés de « considérables et encourageants ». Le bloc, qui s’étend sur plus de 23 000 kilomètres carrés, recèle selon les estimations avancées par les autorités nigériennes des ressources supérieures à 260 millions de barils, de quoi porter la production nationale nigérienne d’environ 90 000 barils par jour une fois le potentiel confirmé et exploité. Pour Sonatrach, s’implanter sur ce type de gisement revient à élargir son empreinte africaine à un moment où le groupe cherche justement à diversifier ses activités hors du territoire national et à valoriser son savoir-faire en matière de forage et d’exploration auprès de partenaires régionaux.

Pour mener à bien ce chantier, l’ENAFOR a dû composer avec des conditions climatiques rudes, un relief accidenté et une logistique particulièrement lourde. L’entreprise a acheminé, dans un délai record, l’ensemble des équipements de forage, l’atelier de travail et la base-vie dotée de tous les équipements nécessaires, depuis Hassi Messaoud, à plus de 2000 kilomètres du site. Le responsable chargé du transport et de l’installation des équipements, Abdelaziz Mahfoud, a confié à l’APS que « l’ENAFOR avait achevé les dernières retouches en prévision du lancement de l’opération de forage, qui sera réalisée jusqu’à une profondeur de 3900 mètres ». Il a rappelé que l’entreprise dispose d’une grande expérience dans ce domaine, ayant déjà mené des projets similaires au Sultanat d’Oman, et qu’elle s’apprête à en lancer d’autres, insistant sur « l’importance majeure » de ce puits « compte tenu des indicateurs positifs dégagés par les études préliminaires ».

Au-delà du seul acte technique, le responsable a mis en avant la dimension humaine du projet, précisant que l’ENAFOR procède, à travers ce chantier, au « transfert de technologie et à la formation des cadres et des travailleurs du secteur des hydrocarbures » nigériens. Cette logique de transfert de compétences est un axe central de la coopération bilatérale. Elle s’était déjà traduite en mai dernier à Alger, lors d’une séance de travail entre le ministère nigérien du Pétrole et Mohamed Arkab, où l’Algérie avait réaffirmé sa disposition à accompagner le développement du secteur nigérien à travers l’Institut algérien du pétrole et les écoles spécialisées de Sonatrach.

Un partenariat qui s’accélère

Le forage de Kafra Sud-Est 1 s’inscrit dans une dynamique amorcée en mars dernier, lorsqu’un mémorandum d’entente avait été signé à Niamey entre les deux pays dans le domaine des hydrocarbures, en marge de la grande commission mixte bilatérale. Deux mois plus tard, en juin, trois autres mémorandums avaient été paraphés à Alger entre la Société nigérienne du pétrole et des filiales du groupe Sonatrach, portant sur les travaux de forage, le traitement des données sismiques et la distribution des produits pétroliers. Une visioconférence tenue fin juin entre Mohamed Arkab et son homologue nigérien Hamadou Tini avait ensuite permis de faire le point sur l’avancement des travaux d’exploration du bloc de Kafra.

Le ministre nigérien du pétrole Hamadou Tini avait d’ailleurs salué, lors d’une précédente visite à Alger, le niveau « inédit et stratégique » atteint par les relations entre les deux pays, exprimant la gratitude du peuple nigérien pour l’inauguration de plusieurs projets structurants, à l’image de la centrale électrique offerte par l’Algérie, et pour la mise en œuvre des accords signés lors de la grande commission mixte de Niamey. Ce rapprochement énergétique s’accompagne par ailleurs d’un chantier plus vaste, celui du tronçon nigérien du gazoduc transsaharien, dont le président Abdelmadjid Tebboune. La réalisation du tronçon algérien a d’ailleurs été lancée au mois de juin dernier. Autant de jalons qui dessinent, entre Alger et Niamey, un axe énergétique appelé à peser durablement sur l’avenir du Sahel.

Samira Ghrib

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