Université Mohamed Seddik Benyahia de Jijel : L’IA en dialectal algérien axe des projets d’innovation
L’université algérienne confirme une nouvelle fois son rôle de laboratoire de l’innovation et de vivier de solutions technologiques adaptées aux réalités nationales. À l’Université Mohamed Seddik Benyahia de Jijel, des étudiants ont développé plusieurs projets reposant sur l’intelligence artificielle (IA) et la technologie 5G, avec l’ambition d’apporter des réponses concrètes aux besoins des entreprises, des institutions publiques et, plus largement, des citoyens.
Parmi les projets présentés, celui de Soumia Lakehal, étudiante en master intelligence artificielle, retient particulièrement l’attention. Elle a conçu le modèle d’une plateforme numérique algérienne permettant aux entreprises et institutions en contact avec le public de disposer de leur propre assistant intelligent, capable notamment de comprendre et d’utiliser le dialect algérien, a rapporté l’université Mohamed Seddik Benyahia via son compte Facebook. Selon les explications apportées, l’innovation réside dans la possibilité de créer en quelques minutes un assistant adapté aux besoins spécifiques de chaque organisme, à partir de ses propres documents et informations internes. L’utilisateur, a-t-on précisé, pourra ainsi échanger avec cet assistant en dialectal algérien, mais également en arabe, en français ou en anglais, tandis que le système est conçu pour comprendre la langue utilisée et y répondre. Autre élément mis en avant par l’étudiante, les données sont conservées localement et protégées, une approche qui inscrit ce type de solution dans la perspective d’une plus grande souveraineté numérique. Le projet répond ainsi à une problématique de plus en plus stratégique pour les institutions algériennes, confrontées à la nécessité de développer des outils numériques capables de prendre en compte les spécificités linguistiques et administratives du pays. Dans le même registre, Chaïma Bensouilah, également étudiante en master IA, a présenté une solution permettant aux entreprises d’interroger directement leurs bases de données en utilisant le langage courant, sans disposer de connaissances particulières en programmation. Des questions simples telles que « quelles sont les ventes de ce mois ? » ou « qui sont les meilleurs clients ? » peuvent ainsi être transformées par la plateforme en requêtes sécurisées, avant analyse et restitution quasi instantanée des résultats. L’intérêt est double : faciliter l’accès aux données pour les employés et permettre aux entreprises de gagner du temps, de réduire les efforts et d’améliorer leur productivité, tout en conservant leurs informations sur leurs propres serveurs. Supervisés par le professeur Mohamed Nadjib Zenir, les deux projets illustrent la volonté de rapprocher la recherche universitaire des besoins réels du tissu économique et des administrations. L’objectif est notamment de développer des algorithmes d’intelligence artificielle compatibles avec le langage dialectal local et susceptibles d’être adaptés à différents secteurs d’activité. Une telle évolution pourrait, à terme, trouver des applications dans les administrations, notamment les services fiscaux ou douaniers, en contribuant à accélérer le traitement des dossiers et la délivrance de certaines autorisations et prestations. Au-delà de l’intelligence artificielle, les travaux présentés mettent également en évidence le potentiel de la 5G comme technologie d’accompagnement de la transformation économique et numérique du pays. Selon la même source, les étudiants issus de différentes spécialités sont désormais en mesure de proposer des modèles numériques répondant à des situations concrètes, avec des retombées potentielles sur les plans économique et social. Dans l’industrie, la 5G peut notamment favoriser la surveillance en temps réel des lignes de production et l’amélioration de la productivité, a ajouté ladite source. Dans l’agriculture, son association aux capteurs et aux systèmes d’irrigation intelligents ouvre des perspectives en matière de rationalisation de l’utilisation de l’eau et d’augmentation des rendements, a encore expliqué la même source. Il en va de même pour la santé : l’enseignement à distance et la numérisation de l’administration figurent également parmi les domaines susceptibles de bénéficier de ces technologies, grâce à la transmission rapide des données, aux consultations à distance, aux laboratoires virtuels et à l’amélioration des services numériques. À travers ces expériences, l’Université de Jijel confirme ainsi que l’innovation universitaire ne se limite plus aux travaux théoriques, mais tend à produire des solutions directement exploitables dans l’économie et la société. Cette dynamique illustre également les efforts croissants de l’université algérienne pour faire de l’intelligence artificielle, de la 5G et de la recherche appliquée des leviers de transformation, tout en favorisant l’émergence de compétences nationales capables de concevoir des technologies répondant aux réalités et aux priorités du pays.
Zakia Merabet

