Culture

Batna : La mosquée Sidi Abdeslam de T’kout rejoint la liste du patrimoine classé

La vieille mosquée Sidi Abdeslam, dans la daïra de T’kout, à une centaine de kilomètres au sud de Batna, vient officiellement d’intégrer le patrimoine protégé de la wilaya. L’arrêté qui la classe au titre de monument historique, sur la liste d’inventaire supplémentaire, a été remis mardi sur place, en présence du secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, en déplacement dans la région. Bâti au seizième siècle, l’édifice compte parmi les plus anciens monuments religieux des Aurès. Il tient son nom du saint patron de T’kout, Sidi Abdeslam, une figure toujours vivace dans la mémoire collective locale et associée depuis des générations au fameux souk annuel de l’Aïd El Kharif, l’un des rendez-vous culturels les plus suivis de la région. La mosquée se distingue par une architecture traditionnelle typique du bâti aurasien, en pierre et en toub, et abrite également une école coranique toujours en activité, qui continue de former de jeunes élèves selon les méthodes anciennes.

Le classement officialise une reconnaissance patrimoniale que les habitants de T’kout réclamaient de longue date, tant l’édifice fait figure de repère identitaire pour toute la daïra. Il permet surtout à la mosquée de bénéficier désormais d’une protection juridique censée encadrer toute intervention future sur le bâti, qu’il s’agisse de travaux de restauration ou de simples aménagements, et d’ouvrir la voie à un financement public dédié à sa préservation.

La remise de l’arrêté s’est déroulée dans le cadre d’une visite de travail plus large effectuée par le responsable du HCA à T’kout, en compagnie du wali de Batna, Benahmed Riadh, d’autorités civiles et militaires ainsi que de plusieurs parlementaires. La délégation s’était d’abord arrêtée à la mosquée Abibakr Essedik, où la Fatiha a été récitée à la mémoire des victimes des récents incendies de forêt ayant touché plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays, avant de rejoindre la mosquée Sidi Abdeslam pour la cérémonie de classement.

Au delà du symbole, cette inscription rejoint une dynamique plus large de recensement du patrimoine religieux et architectural des Aurès, où plusieurs autres édifices anciens attendent encore une reconnaissance similaire. Pour les autorités locales, ce classement doit désormais servir de point d’appui pour valoriser T’kout comme étape à part entière sur la carte du patrimoine culturel de la wilaya de Batna, aux côtés des grands sites déjà connus de la région.

Longtemps restée en marge des grands circuits touristiques, la daïra de T’kout mise aujourd’hui sur ce genre de reconnaissance officielle pour sortir de son relatif isolement géographique. La zone, considérée par certains chercheurs comme une ancienne capitale des Aurès du sud, conserve encore un bâti traditionnel largement préservé, que le classement de la mosquée Sidi Abdeslam pourrait aider à documenter et à protéger plus largement dans les années à venir.

Mohand S.

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