Escalade sioniste en Cisjordanie occupée : Washington évoque des « conséquences sévères », l’ONU dénonce un nettoyage ethnique
L’ambassadeur américain auprès de l’entié sioniste, Mike Huckabee, a appelé samedi à de sévères conséquences pour mettre fin aux violences des colons en Cisjordanie occupée, un langage en net décalage avec l’ampleur des faits documentés la veille par l’ONU, qui évoque un possible crime contre l’humanité commis par l’entité sioniste dans ce même territoire.
Reçevant des Américano-Palestiniens visés par des attaques de colons, Huckabee a martelé qu’un crime est un crime, qu’un acte de terreur est un acte de terreur, et que leurs auteurs devaient s’attendre à en payer le prix. Il a ajouté que le gouvernement israélien avait la responsabilité d’assurer la sécurité des communautés palestiniennes, un message qu’il a dit vouloir continuer à transmettre.
Ces déclarations interviennent au lendemain de la publication d’un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme qui qualifie les faits tels qu’ils le sont sur le terrain. L’ONU accuse l’entité sioniste d’avoir déplacé de force plus de 33 000 Palestiniens de trois camps de réfugiés, à Jénine, Tulkarem et Nour Chams, entre janvier et février 2025, dans le cadre de l’opération « Mur de Fer ». Les habitants restent à ce jour empêchés de rentrer chez eux.
Le rapport pointe l’usage de frappes aériennes, de bulldozers blindés et de détonations contrôlées pour rendre ces camps inhabitables, une méthode qui, en l’absence de toute nécessité militaire, s’apparente selon le Haut-Commissariat à une punition collective et fait planer le soupçon d’un nettoyage ethnique. Le Haut-Commissaire Volker Türk a estimé que cette opération semblait viser à chasser le plus grand nombre possible de Palestiniens pour laisser la place à de nouvelles colonies illégales.
Le porte-parole du Haut-Commissariat, Thameen Al-Kheetan, a de son côté qualifié la situation en Cisjordanie occupée, Al Qods-Est comprise, d’épouvantable, citant plus de 1 100 Palestiniens tués depuis le 7 octobre 2023 par l’armée ou par des colons, ainsi qu’une multiplication des avant-postes utilisés comme base pour des attaques menées avec l’appui, voire la participation, des forces d’occupation. Il a exigé le démantèlement de toutes les colonies et rappelé aux États membres de l’ONU qu’ils disposaient de plusieurs leviers pour agir, sanctions individuelles et embargo sur les transferts d’armes en tête.
Sur le terrain diplomatique, aucune de ces déclarations américaines ne mentionne les conclusions de l’ONU ni n’évoque de sanctions contre Israël, alors même que la colère monte du côté palestinien face aux appels de responsables israéliens à l’expulsion des habitants de Ghaza. Le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, a condamné vendredi les propos du ministre de la Défense Israel Katz et de celui de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui ont appelé à expulser les Palestiniens de l’enclave, y voyant un projet de nettoyage ethnique systématique et une grave violation du droit international humanitaire.
Ben-Gvir a dévoilé jeudi un plan prévoyant le déplacement de 1,86 million de Palestiniens de Ghaza sur sept ans, via la création d’un ministère chargé de superviser cette opération. La veille, Katz avait reconnu que les pressions de plusieurs pays arabes sur le président américain Donald Trump, assorties de promesses d’investissement, avaient contraint Israël à geler un projet similaire. Fattouh a mis en garde contre les tentatives d’affaiblir la Cour pénale internationale, qui encouragent l’impunité des auteurs de meurtres, de génocide et de nettoyage ethnique, et a appelé le Conseil de sécurité à sanctionner le gouvernement israélien. Depuis le début de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza en octobre 2023, les bombardements israéliens ont fait plus de 73 000 morts palestiniens et 174 000 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Environ 90 % des infrastructures de l’enclave ont été réduites à néant.
L.S.

