Pétrole : Le Brent s’approche des 100 dollars
Les prix du pétrole ont poursuivi leur envolée lundi, portés par la montée des tensions entre Washington et Téhéran ainsi que par de nouvelles attaques ayant visé des pétroliers dans le détroit d’Ormuz au cours du week-end. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, s’échangeait autour de 97 dollars, se rapprochant du seuil symbolique des 100 dollars, tandis que le baril de référence américain, le West Texas Intermediate, évoluait autour de 92 dollars. Les deux cours affichaient une nette progression par rapport à la clôture précédente. Vers 10H20 GMT (12H20 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, progressait de 0,53% à 96,79 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, prenait 0,11% à 91,58 dollars. Cette flambée fait suite à une nouvelle vague de frappes mutuelles entre les États-Unis et l’Iran, survenue en fin de semaine et concentrée essentiellement en mer. Téhéran a menacé dimanche d’intensifier sa riposte, après la reprise des hostilités le 30 août à l’initiative de Washington, qui avait pourtant marqué une accalmie tout au long du mois précédent.
Le transport maritime dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transitent les exportations d’hydrocarbures des pays du Golfe, a été directement visé par ces échanges de frappes. Dans ce contexte de durcissement, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, a annoncé dimanche la mise en place prochaine d’une nouvelle « zone interdite ». Celle-ci débutera sur la ligne du blocus établi par la marine américaine et englobera plusieurs secteurs du Golfe. Tout navire s’y aventurant sera, selon lui, inscrit sur une liste de sanctions. Des analystes de la banque ING relèvent toutefois que le pétrole continue de circuler par le détroit malgré l’escalade, ce qui limite l’ampleur de la hausse des cours. Ils rapportent que le secrétaire américain à l’énergie évalue à un peu plus de 9 millions de barils par jour le volume transitant par Ormuz, grâce aux escortes assurées par la marine américaine, un chiffre nettement inférieur aux 18 millions de barils avancés la semaine passée par le président Donald Trump.
Les marchés de l’énergie subissent également la hausse des tarifs de fret et des coûts d’assurance appliqués à la navigation dans la région, selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Cette pression se répercute au delà du seul brut. Le contrat à terme du gaz néerlandais TTF, référence pour le marché européen, gagnait près de 3 % pour s’établir autour de 74 euros le mégawattheure.
Amar Malki

