A quelques jours des élections législatives : Le Maroc au bord de l’explosion !
À moins de dix jours des élections législatives du 23 septembre, qui doivent renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants au Maroc, des observateurs de la situation intérieure marocaine pointent un contraste de plus en plus marqué entre la communication du Makhzen, qui commercialise l’idée d’un « État social », et qui tranche clairement avec un quotidien de plus en plus difficile pour les Marocains marqué par la colère et les mobilisations populaires.
En effet, l’écart entre les annonces officielles et la réalité vécue par les citoyens s’illustre d’abord dans la région d’Al Haouz, où de nombreuses familles sinistrées par le séisme continuent, trois ans après la catastrophe, d’attendre le règlement de leur situation et leur relogement définitif. Ce dossier reste en suspens alors même que les autorités ont, dans le même temps, laissé se multiplier les transferts de biens fonciers stratégiques, notamment dans de grandes villes du royaume, au profit de colons israéliens, une dynamique que des voix critiques marocaines dénoncent comme une « sionisation » rampante du territoire national et qui se traduit par l’éviction de familles de propriétés transmises depuis plusieurs générations.
Les analystes relèvent par ailleurs que la population marocaine fait face à une pression croissante liée à la hausse continue des prix et du coût du logement, un phénomène qui accentue le sentiment d’un décalage grandissant entre les promesses des autorités et les difficultés concrètes rencontrées par l’ensemble des catégories sociales. Cette situation nourrit une contestation populaire en constante progression, portée en premier lieu par une jeunesse qui réclame des conditions de vie décentes face à l’extension de la pauvreté, à la persistance de la corruption et au pillage continu des deniers publics, malgré la répression exercée par l’appareil sécuritaire du Makhzen.
Le rendez-vous électoral du 23 septembre lui-même ne serait plus perçu, selon ces mêmes voix, comme une échéance porteuse de changement, mais davantage comme un simple renouvellement de façade permettant l’émergence de nouveaux réseaux d’intérêts au sein du système, sans réponse aux interrogations de fond sur la destination des budgets publics, l’état d’avancement réel des projets annoncés ou l’identité des responsables des échecs accumulés. Un motif de controverse supplémentaire vient s’y greffer avec l’encouragement, sous l’appellation de « juifs marocains », de la participation d’Israéliens naturalisés marocains et de personnes proches de l’entité sioniste, y compris de résidents à l’étranger votant par voie d’agence, une évolution jugée par ces observateurs comme une étape de plus dans ce processus de rapprochement contesté avec l’entité sioniste.
L’élément le plus problématique reste néanmoins l’approfondissement des relations entre Rabat et Tel-Aviv, poursuivi en pleine guerre génocidaire sioniste à Ghaza, dans un contexte où le rejet populaire marocain de la normalisation avec l’entité sioniste ne cesse de se renforcer. Une orientation risquée pour l’avenir du royaume et pour la stabilité de l’ensemble de la région.
Ces mêmes voix estiment enfin qu’un changement véritable est devenu incontournable pour éviter au pays une dégradation plus profonde, un changement qui ne saurait se limiter à un simple jeu de chaises musicales entre responsables, mais qui supposerait une transformation structurelle du système, fondée sur la transparence, la reddition de comptes et la primauté des intérêts du citoyen marocain sur les calculs politiques et les intérêts étrangers.
Lyes Saïdi

