Monde

AGNU : L’Afrique réclame sa place à la table des décideurs du monde

L’Afrique veut peser davantage sur les décisions qui engagent l’avenir de la planète. À New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), l’Union africaine (UA) a plaidé, mardi, pour un rôle et une représentation renforcés du continent dans la gouvernance mondiale, avec l’appui du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour qui un Conseil de sécurité sans siège permanent africain est « injuste et indéfendable ». Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a multiplié les consultations avec plusieurs responsables internationaux. Il a défendu une réforme des institutions de la gouvernance mondiale, avec une présence africaine accrue dans les instances de décision, notamment au Conseil de sécurité. Sur le volet paix et sécurité, il a insisté sur la nécessité d’un financement durable et prévisible des opérations africaines de soutien à la paix. Sur le dossier migratoire, il a appelé à une meilleure gouvernance des flux, à la protection des droits des migrants et à l’ouverture de voies légales. La diaspora et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), facteur de circulation des compétences et de la main-d’œuvre, ont été présentées comme deux leviers du développement du continent. Face à ses partenaires européens, l’UA a par ailleurs plaidé pour une coopération consolidée en matière de démocratie, d’État de droit, de droits humains et de lutte contre le changement climatique.

Le plaidoyer africain a trouvé un écho de poids à la tribune. Dans son allocution d’ouverture du débat général, M. Guterres a dressé le constat d’un monde en mutation. « Les lignes de fracture de notre monde s’élargissent. Les fissures sont devenues des canyons », a-t-il affirmé. Les institutions mondiales, a-t-il estimé, reflètent encore « les réalités et les intérêts du pouvoir d’une époque largement révolue ». Il a plaidé pour une « multipolarité en réseau » et cité la guerre, les inégalités, le changement climatique et l’intelligence artificielle parmi les grands défis à relever. Sur le climat, il a exhorté les gouvernements à adopter des plans de transition pour abandonner les énergies fossiles, conformément à l’objectif de 1,5 degré.

L’Algérie à New York

L’Algérie prend part à cette semaine de haut niveau avec une délégation conduite par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf. Le débat général, ouvert mardi sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », doit porter, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, sur la paix et la sécurité, sur le renouvellement de l’engagement en faveur du multilatéralisme, ainsi que sur les défis du changement climatique et de l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Cette participation s’inscrit, souligne la même source, dans « l’engagement constant de l’Algérie, sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à renforcer la coopération multilatérale ». Alger entend aussi valoriser ses efforts dans la transition énergétique, la gestion de l’eau, la santé et l’éducation, ainsi que ses initiatives en faveur de la paix et du développement au Sahel et sur le continent. Une série de rencontres avec des pays frères et amis et de hauts responsables onusiens est prévue.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *