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Sous Ceuta, un tunnel à rails pour des tonnes de haschich : Le Maroc, cœur logistique du narcotrafic vers l’Espagne

Une enquête judiciaire espagnole place le Maroc au cœur de la structure logistique d’un réseau organisé de trafic de haschich vers l’Europe, dirigé par une personnalité marocaine et utilisant un tunnel clandestin reliant le Maroc à la ville espagnole de Ceuta afin d’assurer l’acheminement de grandes quantités de drogue vers le territoire ibérique, puis vers le reste de l’Europe.Une enquête de l’Audience nationale espagnole place le Maroc au cœur de la structure logistique d’un réseau de trafic de haschich vers l’Europe, dirigé par un homme d’affaires marocain et alimenté par un tunnel clandestin sous la frontière de Ceuta, rapporte le journal espagnol The Objective, relayé par l’APS. Le juge Antonio Pina décrit une organisation « parfaitement hiérarchisée », faite de niveaux opérationnels et de cellules interconnectées, active dans plusieurs provinces espagnoles et adossée à des « liens logistiques » au Maroc. Haschich et cocaïne y étaient stockés, transportés puis distribués, en voitures comme en vedettes rapides, vers l’Espagne puis le reste du continent.

À sa tête, Mustapha Chairi Brouzi, hôtelier de 45 ans installé à Fnideq, face à Ceuta, interpellé fin mars. Surnommé « le narcoarchitecte », il est présenté comme le propriétaire de deux tunnels. Le juge parle d’une infrastructure « hautement professionnalisée ». Le second ouvrage, dans la zone industrielle d’El Tarajal, à une dizaine de mètres de la clôture, s’étendait sur trois niveaux, avec rails, wagonnets, poulies et grues, pour une capacité estimée à deux tonnes par semaine. Un premier boyau avait été découvert en février 2025.

Un ancien garde civil, Angel Albarracin, est également soupçonné d’être le bras droit du chef présumé. Connu de l’Unité centrale opérationnelle pour sa maîtrise du milieu de la drogue à Ceuta et de la langue arabe, il apparaît, selon l’enquête, dans des enregistrements de réunions liées au trafic. Ces révélations confirment, une nouvelle fois que le Maroc n’est pas seulement la source du haschich qui inonde l’Europe. Il sert aussi de base arrière à un dispositif transfrontalier qui alimente la criminalité organisée jusqu’au cœur du continent.

Rappelons que l’ONUDC classe le Maroc premier pays d’origine et de départ de la résine de cannabis saisie dans le monde entre 2016 et 2020, devant l’Afghanistan. Elle relève que cette résine, produite principalement au Maroc, nourrit les marchés d’Europe et du Moyen-Orient, y compris par la route du Sahel jusqu’en Libye. L’agence européenne des drogues désigne de longue date le Maroc comme premier fournisseur de résine du continent, avec l’Espagne et le Portugal pour portes d’entrée.

R.I.

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