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Conflit au Moyen-Orient : Washington pose des conditions, Téhéran dénonce des signaux contradictoires

Le vice-président américain JD Vance a affirmé mardi que l’Iran devait réduire considérablement sa capacité d’enrichissement d’uranium pour conclure un accord avec Washington, sept mois après le début du conflit entre les deux pays. Selon l’agence Reuters, il a précisé que le texte devait comporter une baisse réelle des capacités nucléaires iraniennes et non de simples engagements. Le dossier de l’enrichissement, notamment au niveau de 60 %, reste l’un des principaux points de blocage des discussions. Les deux capitales échangent des propositions depuis plusieurs semaines, avec pour objectif de mettre fin aux hostilités et de rouvrir le détroit d’Ormuz, passage par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Le ministère qatari des Affaires étrangères a confirmé le même jour que Washington et Téhéran se transmettaient activement des messages par l’intermédiaire de Doha. Le Pakistan participe lui aussi à la médiation.

Donald Trump a rejeté la dernière proposition iranienne et prévenu que l’activité militaire pourrait s’intensifier après les élections de mi-mandat de novembre. JD Vance a de son côté indiqué que Washington restait ouvert à un accord. Il a dit négocier avec le président iranien Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tout en reconnaissant que leur influence réelle sur les décisions demeure incertaine. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a répondu que les responsables américains savent à qui ils s’adressent et comment fonctionne le processus décisionnel iranien. Selon lui, la difficulté vient des positions et des signaux contradictoires émis par Washington. Massoud Pezeshkian avait pour sa part jugé les négociations « inutiles », reprochant aux États-Unis d’exercer des pressions et de recourir à l’action militaire après les pourparlers.

Sur le terrain, la situation dans le détroit fait l’objet de lectures divergentes. En visite à Athènes mercredi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que l’Iran avait « perdu le contrôle intégral » de la voie maritime. Il s’est appuyé sur le nombre croissant de pétroliers qui la franchissent sous escorte américaine, les exportations de brut des monarchies du Golfe ayant retrouvé fin septembre leurs niveaux d’avant le conflit, d’après la plateforme de suivi Kpler. Téhéran revendique toujours ce contrôle et exige une autorisation préalable des navires, les contrevenants s’exposant à des attaques. Des bâtiments continuent d’ailleurs d’être pris pour cible. JD Vance a estimé que les forces iraniennes pouvaient attaquer ponctuellement des navires marchands sans pouvoir empêcher durablement le transport d’énergie. Il a aussi écarté les craintes d’une pénurie de munitions américaines essentielles.

Mardi, le ministère indien des Affaires étrangères a signalé une collision impliquant le cargo MT On Peace, sous pavillon panaméen, au large d’Oman. L’accident a fait douze blessés parmi l’équipage, dont onze Indiens, évacués pour recevoir des soins d’urgence.

Du côté iranien, le général de brigade Mohammad Akraminia, porte-parole de l’armée, a indiqué à l’agence Fars que la production de missiles et de drones se poursuivait à un rythme soutenu et qu’un stock important était constitué. Il a ajouté que certains nouveaux systèmes avaient été déployés et seraient présentés « le moment venu et si nécessaire ». Selon lui, les combats ont aussi offert aux forces iraniennes une expérience utile.

Le conflit pèse sur les finances américaines. D’après le Bureau du budget du Congrès, il coûte environ 3 milliards de dollars par mois à Washington. La hausse des prix de l’énergie pèse également sur la campagne des élections législatives de novembre, en particulier pour les candidats républicains dans plusieurs États où la course est serrée. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en visite au Pakistan, a appelé toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, à revenir à la diplomatie et à garantir la liberté de navigation conformément au droit international.

L.S.

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