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Constantine : Cap sur une gestion plus intégrée des déchets

La gestion des déchets ménagers et leur valorisation commencent à s’imposer comme un enjeu majeur pour les collectivités locales, confrontées à la nécessité de préserver le cadre de vie tout en réduisant les volumes de déchets destinés à l’élimination. À Constantine, cette problématique était au cœur d’un workshop organisé à l’hôtel El Bey, au profit des différents acteurs intervenant dans le domaine de la valorisation des déchets ménagers. La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet pilote de gestion intégrée des déchets et de production d’énergie au niveau local, baptisé « Aim-WELL », mené avec le concours du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). L’atelier vient compléter une session de formation organisée durant l’été, consacrée notamment à la définition d’une stratégie comportementale globale en matière de sensibilisation et de communication, avec l’ambition d’inscrire les changements de pratiques dans la durée. La wilaya de Sétif a également pris part à cette rencontre, à travers sa direction de l’environnement, aux côtés des représentants de Constantine. La participation de plusieurs intervenants traduit la volonté d’élargir la réflexion au-delà du seul traitement technique des déchets, en accordant une place importante au comportement des citoyens, à la sensibilisation et à la mobilisation des différents acteurs concernés. Intervenant en marge de la rencontre, Lamia Bouaroudj, cheffe du service information et sensibilisation à la direction de l’environnement de la wilaya de Sétif, a souligné que « la responsabilité est partagée et chacun doit impérativement s’impliquer pour que les objectifs escomptés de cet ambitieux projet soient effectivement concrétisés sur le terrain ». L’oratrice a mis ainsi l’accent sur la nécessité d’une implication collective. En effet, la réussite d’une politique de gestion intégrée ne dépend pas uniquement des moyens mobilisés par les collectivités. Elle suppose également l’évolution des comportements en amont, notamment en matière de production, de dépôt, de tri et de récupération des déchets.

De l’évacuation des déchets à leur valorisation

L’importance de cette démarche prend tout son sens au regard des opérations de salubrité actuellement menées à travers plusieurs communes de la wilaya. Selon un bilan communiqué par les services de la wilaya, quelque 590 tonnes de déchets, toutes catégories confondues, ont été collectées et évacuées dans le cadre de vastes opérations d’assainissement et d’entretien du tissu urbain. Ces interventions ciblées visent notamment à résorber les points noirs, éradiquer les décharges sauvages, préserver les espaces collectifs et contribuer à l’amélioration de l’environnement urbain. Elles témoignent également de l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir pour assurer une gestion plus rationnelle des déchets, particulièrement dans les zones où les dépôts anarchiques continuent de constituer une source de nuisance. Dans le chef-lieu de wilaya, les opérations ont concerné plusieurs secteurs. À El Manchar, les équipes techniques ont notamment procédé au curage préventif du réseau d’évacuation des eaux pluviales ainsi qu’à l’élagage d’alignements d’arbres présentant un risque. Les interventions se sont également étendues à plusieurs autres secteurs. Le dispositif a aussi concerné l’axe reliant Bab El Kantara à Sidi Mabrouk, ainsi que plusieurs périmètres résidentiels. Ces différentes opérations ont permis l’évacuation d’environ 370 tonnes de déchets verts, inertes et ménagers. La circonscription administrative d’Ali Mendjeli a, pour sa part, fait l’objet d’interventions destinées à résorber plusieurs points noirs environnementaux. Les opérations ont notamment porté sur l’enlèvement de gravats et de résidus issus de démolitions, ainsi que sur la collecte de déchets au niveau de plusieurs unités de voisinage. Au total, quelque 220 tonnes de rebuts ont été évacuées dans cette zone. De même à El Khroub, où les opérations ont notamment ciblé le quartier des 900 Logements et un dépôt sauvage situé aux abords d’un CEM. Ces interventions s’inscrivent dans la même logique de lutte contre les accumulations anarchiques de déchets et de reconquête progressive des espaces affectés par les dépôts sauvages. La succession de ces opérations pose toutefois une question de fond : comment passer d’une gestion essentiellement curative, consistant à enlever régulièrement les déchets accumulés, à une démarche davantage préventive et fondée sur la réduction, le tri et la valorisation ? C’est précisément sur ce terrain que le projet « Aim-WELL » entend ouvrir une nouvelle perspective. La collecte de centaines de tonnes de déchets constitue certes une réponse immédiate aux situations qui affectent la salubrité des quartiers, mais elle ne peut, à elle seule, régler durablement le problème. La valorisation suppose d’agir en amont, en impliquant les citoyens, les collectivités, les opérateurs et l’ensemble des acteurs concernés dans une chaîne où le déchet peut progressivement cesser d’être considéré uniquement comme un rebut à éliminer. Le projet étant encore au stade de gestation, un important travail reste à accomplir pour traduire cette ambition dans les pratiques quotidiennes. La sensibilisation apparaît dès lors comme l’un des maillons essentiels de cette transition. Sans changement durable des comportements et sans participation effective des citoyens, les efforts de collecte et de nettoyage risquent de rester cantonnés à des interventions répétitives.

Zakia M.

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