CAN : La CAF rembobine, le rendez-vous biennal n’a pas dit son dernier mot
Marche arrière toute à la CAF ? Vendredi, à Santa Maria, au Cap-Vert, le président de l’instance, Patrice Motsepe, a laissé la porte grande ouverte à un retour de la Coupe d’Afrique des nations tous les deux ans. Il s’exprimait en marge de la Conférence stratégique de la Confédération africaine de football. Aucune décision n’est encore arrêtée, a-t-il précisé, mais plusieurs scénarios sont sur la table, dont celui du maintien du rythme biennal. « Nous examinons toutes les options, y compris le retour à une CAN tous les deux ans », a lancé le patron du football africain, qui a assuré que la position de l’instance était parfaitement claire. En filigrane, le message est limpide : la CAF entend garder la main sur son cap stratégique.
Rappelons que le 20 décembre dernier, à la veille du coup d’envoi de la CAN-2025, Motsepe avait annoncé que le tournoi passerait à un cycle de quatre ans à partir de 2028, tournant ainsi la page d’une tradition biennale. Dans la foulée, la CAF avait dévoilé son projet de Ligue africaine des nations, une compétition inédite réservée aux sélections du continent. L’idée est de tirer le niveau vers le haut et de regonfler les revenus des fédérations et des autres acteurs du ballon rond. Mais la réforme n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs voix du continent redoutent qu’un tournoi plus rare ne fasse perdre en visibilité et en recettes, et ne prive les supporters de grands rendez-vous. La CAN est aussi un pilier du calendrier sportif et financier des fédérations. Un retour au format bisannuel bousculerait par ailleurs les cycles de qualification, la préparation des jeunes générations et l’articulation avec la future Ligue des nations, évoquée pour 2029.
Sur le front du calendrier immédiat, le président de la CAF a levé tous les doutes. La CAN-2027 est bel et bien maintenue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, du 19 juin au 17 juillet 2027, malgré les défis d’infrastructures dans les trois pays hôtes. Reste à savoir qui, de la tradition ou de la réforme, aura le dernier mot. Pour l’heure, le coup de sifflet final n’a pas retenti.
M.D.

