Cancer du sein : Plus de 14 000 nouveaux cas par an en Algérie
Plus de 14 000 femmes sont touchées chaque année par le cancer du sein en Algérie, et la courbe reste ascendante. C’est ce qu’a révélé, dimanche, le professeur Salah Dilem, représentant du ministère de la Santé et spécialiste en chirurgie mammaire au service d’oncologie du CHU Mustapha-Pacha, sur les ondes de la Radio algérienne, Chaîne 1, à l’occasion du lancement de la campagne de sensibilisation d’Octobre rose. L’universitaire s’est appuyé sur les derniers chiffres disponibles, ceux de 2023. Cette pathologie représente, selon lui, plus de 45 % de l’ensemble des cancers recensés chez la femme, et près de la moitié des cas concernent des patientes de plus de 55 ans. Une tendance qui, a-t-il souligné, impose de renforcer la sensibilisation, le dépistage précoce et la prise en charge. Il a assuré qu’il demeure possible d’améliorer les chances de guérison et de limiter les complications, à condition de réunir les moyens nécessaires au diagnostic et au traitement. Le Pr Dilem a plaidé pour la mise en place de programmes de dépistage organisés, sur le modèle de ceux appliqués dans plusieurs pays scandinaves depuis les années 1980. Le principe est d’inviter les femmes de plus de 50 ans, même en l’absence de symptômes, à des examens périodiques pris en charge par les structures sanitaires concernées. Il a précisé que ces programmes reposent sur une mammographie tous les deux ans, dont les clichés sont lus par deux médecins distincts, afin d’affiner le diagnostic et de détecter les tumeurs à un stade précoce.
Pour l’Algérie, l’intervenant a indiqué que l’âge moyen au moment du diagnostic se situe entre 47 et 48 ans, soit plus tôt que dans nombre de pays européens. Moins de 12 % des cas touchent des femmes de moins de 35 ans, mais les patientes de moins de 40 ans représentent environ 40 % des cas. Ce constat, a-t-il expliqué, appelle des études complémentaires. Parmi les facteurs avancés, il évoque l’évolution des modes de vie et des habitudes alimentaires, la baisse de l’activité physique, le recul des produits frais au profit des aliments transformés et conservés, ainsi que le surpoids et l’obésité. Le spécialiste a conclu en insistant sur la culture de la prévention, l’adoption d’un mode de vie sain et le respect des examens médicaux réguliers. Il a appelé les femmes à consulter dès l’apparition de tout symptôme inhabituel et à ne pas négliger les contrôles recommandés, même sans signe d’alerte, afin de poser un diagnostic à temps et de maximiser les chances de traitement.
Lyna Larbi
Octobre rose
Le CRA organise une action de sensibilisation
Le Croissant-Rouge algérien (CRA) a organisé, dimanche à Alger, une action de sensibilisation sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus, en collaboration avec la Société d’exploitation du métro d’Alger (SEMA). Cette action de sensibilisation s’inscrit, dans le cadre de la campagne nationale lancée par le CRA pour sensibiliser à l’importance de la prévention et du dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus, à l’occasion d’Octobre rose, selon ses organisateurs. Cette initiative s’est déroulée au niveau de la station de métro de Bachdjerrah (Alger), avec la participation de femmes médecins et de bénévoles du CRA, qui ont contribué à la sensibilisation des citoyens aux principes de prévention de ces maladies et à l’importance de leur dépistage précoce. Des dépliants intitulés « Protégeons-nous du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus » ont également été distribués. A cet égard, la membre de la commission médicale du CRA, le médecin généraliste Lina Hammadi, a souligné « l’importance du dépistage précoce et de la sensibilisation sanitaire pour réduire les risques liés à cette maladie », relevant que cette initiative vise à « sensibiliser les citoyens, notamment les femmes, à l’importance de la prévention et du dépistage précoce du cancer du sein, tout en les incitant à effectuer des examens médicaux périodiques et à consulter un médecin dès l’observation de tout changement anormal au niveau du sein ». Appelant à « renforcer la culture de l’autopalpation », l’intervenante a souligné que le diagnostic précoce « permet d’intervenir sur le plan thérapeutique dès les premiers stades de la maladie », tandis que sa découverte à un stade avancé peut nécessiter des traitements plus complexes, à l’instar de la chimiothérapie, qui alourdit les charges psychologiques, physiques et financières pour la patiente ».
APS

