Nouvelles attaques contre les aéroports saoudiens : La tension monte au Moyen-Orient
Après l’attaque meurtrière contre l’aéroport de Riyad, imputée aux Houthis, et une nouvelle frappe dimanche, la réprobation internationale grandit et le spectre d’une extension du conflit se précise.
L’aéroport international King Khalid de Riyad a été visé samedi par une attaque que les autorités saoudiennes attribuent aux Houthis du Yémen, faisant au moins douze morts et 309 blessés. Un nouveau projectile a touché dimanche l’un de ses terminaux, aggravant les craintes d’une escalade régionale. Selon l’autorité saoudienne de l’aviation civile, le bilan de l’attaque de samedi, survenue vers 15 heures, s’élève à douze morts, parmi lesquels des ressortissants de plusieurs nationalités, saoudienne, bangladaise, américaine, égyptienne, argentine, syrienne, palestinienne et soudanaise. Certains des 309 blessés sont dans un état critique. Les Houthis avaient déjà revendiqué des frappes contre ce même aéroport mercredi et jeudi, qui avaient coûté la vie à six personnes, dont une Algérienne.
La coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite reconnu a accusé les Houthis, mouvement proche de l’Iran, d’être derrière l’attaque, évoquant « un crime de guerre » auquel elle répondra « avec fermeté ». Dimanche, elle a fait état d’un projectile non identifié ayant touché le terminal 4 et provoqué un incendie, ainsi que de l’interception d’un missile de croisière aux abords du site. Des journalistes de l’AFP ont par ailleurs entendu deux explosions dans la capitale. Un projectile est également tombé près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du pays. Les activités de la plateforme de Riyad restent suspendues, ce qui a conduit l’ambassade saoudienne au Koweït à organiser des départs en bus pour ses ressortissants bloqués.
Les Houthis ont, de leur côté, renouvelé leur mise en garde aux voyageurs et aux compagnies aériennes, les invitant à éviter les aéroports saoudiens, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine. Plusieurs ambassades occidentales ont recommandé à leur personnel d’éviter l’aéroport de Riyad pendant une semaine, tandis que Washington a restreint l’accès de ses fonctionnaires à ceux de Djeddah et de Dammam.
Sur le plan diplomatique, les condamnations se sont multipliées. L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a parlé d’une « grave escalade », et le secrétaire général Antonio Guterres s’est dit « profondément choqué ». Moscou, Ankara, Bagdad, Abou Dhabi et Bruxelles ont également dénoncé l’attaque, la Russie appelant à privilégier des moyens « politico-diplomatiques ». Interrogé par la presse, le président américain Donald Trump n’a pas écarté une participation à d’éventuelles frappes contre les Houthis. « C’est possible. Nous allons examiner la question », a-t-il affirmé. Cette montée des périls intervient après l’offensive éclair lancée en septembre par les Houthis au Yémen, qui leur a permis de prendre le littoral de la mer Rouge et de renforcer leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.
Lyes Saïdi
L’Algérie condamne fermement les attaques ignobles ayant ciblé l’aéroport international King-Khalid de Riyad
L’Algérie a exprimé sa ferme condamnation et sa profonde indignation suite au ciblage de l’aéroport international King-Khalid de Riyad par des attaques ignobles qui ont coûté la vie à 12 civils, et fait plus de 300 autres blessés, réaffirmant sa pleine solidarité avec le Royaume frère d’Arabie saoudite, et son rejet catégorique de tels agissements et de tout ce qui est de nature à porter atteinte à la souveraineté du Royaume, à l’intégrité de son territoire et à la sécurité de ses citoyens et résidents, a indiqué dimanche un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « L’Algérie exprime sa ferme condamnation et sa profonde indignation suite au ciblage de l’aéroport international King Khalid de Riyad par des attaques ignobles qui ont coûté la vie à 12 civils, de nationalités saoudienne et étrangères, et fait plus de 300 blessés parmi les usagers et les employés de l’aéroport, en sus des dégâts matériels enregistrés », lit-on dans le communiqué. Elle a, en outre, estimé que « cette agression odieuse qui a visé cette infrastructure vitale et fait des victimes innocentes, constitue une violation flagrante de tous les usages internationaux, de la Charte des Nations Unies et du droit international humanitaire, une atteinte grave à la sécurité des civils et de la navigation aérienne garantie par les conventions internationales régissant l’aviation civile, ainsi qu’une menace pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales ». L’Algérie réitère « sa pleine solidarité avec le Royaume frère d’Arabie saoudite et exprime son rejet catégorique de tels agissements et de tout ce qui est de nature à porter atteinte à la souveraineté du Royaume, à l’intégrité de son territoire et à la sécurité de ses citoyens et résidents », conclut le communiqué. (APS)

