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Le ministre des Finances présente le PLF 2027 : Un projet de budget qui allie prudence, croissance et pouvoir d’achat

Devant la commission des finances de l’APN, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a défendu un budget qui allie prudence, relance de la diversification et maintien des mesures de soutien au pouvoir d’achat. Au programme, la création de 125.675 postes budgétaires et une enveloppe de 717,7 milliards DA mobilisée pour le soutien aux prix.

Allier prudence et ambition sur la croissance, c’est le pari du projet de loi de finances 2027. Présenté lundi à Alger devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le texte table sur une croissance de 4,2 %, tirée par les secteurs hors hydrocarbures. Il prévoit aussi un élargissement de l’assiette fiscale, sans rogner sur la protection du citoyen. La séance était présidée par Abdelhafid Brima, président de la commission, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali. M. Lebbou y a posé le cadre dès l’entame. Le texte, a-t-il expliqué, intervient alors que l’Etat « continue de mettre en œuvre une politique budgétaire visant à soutenir la croissance économique, à améliorer les conditions de vie des citoyens et à poursuivre la réalisation des grands programmes d’investissement public ». Le ministre a ajouté que cela se fait « tout en veillant à garantir la durabilité des finances publiques et à préserver les équilibres macroéconomiques à moyen terme ».

Le ministre a ensuite détaillé les principes directeurs du projet. Le premier est la prudence dans l’estimation des recettes, « en tenant compte de l’évolution de la conjoncture nationale et internationale ». Le deuxième consiste à « allier stabilité macroéconomique et exigences de la diversification économique ». Le troisième est de fixer des priorités « de manière à assurer un équilibre entre l’investissement public et les transferts sociaux ».

À cela s’ajoutent, a-t-il souligné, « le renforcement de la performance dans la gestion des programmes selon les objectifs et les indicateurs », conformément à la loi organique relative aux lois de finances, ainsi que « l’élargissement de l’assiette fiscale en vue de renforcer la fiscalité ordinaire ». Le texte prévoit enfin un suivi régulier des orientations budgétaires, à travers un tableau de bord couvrant les recettes, les dépenses et la trésorerie.

Le hors-hydrocarbures aux commandes

Les chiffres du PLF dessinent une trajectoire de croissance soutenue : 4,2 % en 2027, 4,1 % en 2028, puis 4,7 % en 2029. Le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 53.122 milliards DA l’an prochain, puis 63.833 milliards DA en 2029. Le PIB hors hydrocarbures progresserait de 5 % pour s’établir à 47.492 milliards DA. L’industrie, avec +6 %, ouvre la marche, grâce à une meilleure exploitation des ressources locales et au développement de l’industrie minière. Le bâtiment suivrait avec +5,2 %, porté par les grands projets de transport : la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa, le réseau routier national, l’extension du métro d’Alger et les tramways. Les services progresseraient de 5 %, l’agriculture de 4,7 % et l’électricité et le gaz de 5,5 %. La production céréalière est attendue à 64 millions de quintaux en 2029, contre 49 millions en 2026. Le baril est valorisé à 60 dollars pour le prix de référence et à 70 dollars pour le prix de marché prévisionnel. Les recettes budgétaires atteindraient 9.251,1 milliards DA, soit +7,4 % par rapport aux prévisions de clôture 2026. La fiscalité pétrolière en représente 2.652,3 milliards DA. Les recettes hors fiscalité pétrolière grimperaient de 11,6 %, à près de 6.598,8 milliards DA. Le texte les attribue à la reprise de l’activité, à la modernisation de l’administration fiscale et à un recouvrement plus efficace. Les dépenses restent contenues, à 17.251,6 milliards DA en autorisations d’engagement (+2,3 %) et 17.882,6 milliards DA en crédits de paiement (+1,4 %). Les salaires pèsent 5.916,83 milliards DA, soit 33,1 % des crédits de paiement. Ils financeront l’avancement des personnels, les rappels liés aux promotions et la révision de certains régimes indemnitaires. Ils permettront aussi la création de 82.948 postes budgétaires dans l’éducation, la santé, l’enseignement supérieur, les finances, la solidarité nationale et le commerce intérieur. S’y ajoutent 42.727 postes vacants à pourvoir, soit 125.675 postes au total. L’investissement n’est pas en reste, avec plus de 3.825 milliards DA en crédits de paiement. Les transferts sociaux mobilisent 4.415,35 milliards DA, dont 717,7 milliards pour les produits de large consommation. Les céréales en absorbent 355,84 milliards, le lait 94,31 milliards, l’eau dessalée 122,05 milliards et l’énergie 25,5 milliards. Une enveloppe de 120 milliards DA est dédiée à la stabilisation des prix du sucre, de l’huile et du café.

Pouvoir d’achat et logement : des mesures prolongées

Sur le plan législatif, le PLF reconduit jusqu’au 31 décembre 2029 le droit de douane de 5 % sur les viandes rouges et les bovins et ovins vivants destinés à l’abattage. Cet avantage est étendu aux bovins d’engraissement. L’exonération de TVA est maintenue pour les légumes secs, les fruits et légumes frais, les œufs de consommation, les poulets de chair et les dindes produits localement. Les importateurs et transformateurs d’huile brute de soja disposent d’un délai supplémentaire pour produire ou s’approvisionner localement.

Dans le logement, le texte prolonge l’exonération des droits de mutation. Il prévoit aussi la prise en charge par le Trésor des intérêts de la période de différé et la bonification à 100 % du taux d’intérêt des crédits des banques publiques. Cela concerne 300.000 logements en location-vente pour 2027.

Le texte entend aussi moderniser l’administration fiscale. Les contribuables soumis à l’impôt forfaitaire unique (IFU) devront déclarer et payer à distance. Un abattement fiscal est prévu pour ceux qui réalisent leur chiffre d’affaires par paiement électronique. Le projet renforce enfin la transparence et la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.

Amar Malki

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