Économie

Flambée des prix : Le Commerce envoie ses contrôleurs fouiller les coûts de production dans les usines

Après les plafonds et les menaces contre les spéculateurs, l’État s’attaque à la source des prix. Des agents de contrôle du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national ont visité dimanche des unités de production pour examiner la structure des prix des produits fabriqués, a annoncé le ministère dans un communiqué relayé lundi par l’APS. Les inspecteurs ont passé en revue les différents éléments qui composent les prix aux diverses étapes de la production. Selon le communiqué, ces visites s’inscrivent dans la mise en œuvre des instructions de la ministre Amel Abdellatif, qui demande d’« assurer le suivi de la disponibilité des différents produits de consommation et de l’évolution de leurs prix ». L’opération vise aussi à suivre les coûts de production et à mesurer l’incidence des charges et des dépenses sur les prix de vente finaux. Le ministère assure que la démarche doit renforcer la transparence dans la fixation des prix, afin de « garantir davantage de transparence dans les transactions commerciales et à préserver le pouvoir d’achat du citoyen ». Le communiqué ne précise en revanche ni le nombre d’unités visitées, ni les wilayas concernées, ni les produits ciblés.

Cette descente sur le terrain prolonge les décisions arrêtées à l’issue de la réunion interministérielle présidée le 1er octobre par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, avec les représentants de plusieurs filières agricoles. La Chambre nationale de l’agriculture (CNA) en a dévoilé le contenu le 6 octobre, avec neuf mesures au total. Elles comprennent la tolérance zéro envers les intermédiaires et les spéculateurs, des poursuites contre tout stockage en dehors du cadre déclaré, un appel au déstockage, notamment pour la pomme de terre et la volaille, et un « couloir vert » au ministère de l’Agriculture pour faciliter l’importation des intrants. Le prix de la pomme de terre a, lui, été encadré par une instruction du ministère du Commerce intérieur datée du 1er octobre. Il doit se situer entre 60 et 70 dinars le kilo à la sortie de l’exploitation et entre 80 et 90 dinars chez le détaillant. La CNA explique les tensions observées par un déséquilibre des marges au sein des chaînes d’approvisionnement et par le grand nombre d’intermédiaires. L’État n’en est pas à son coup d’essai puisque des prix plafonds avaient déjà été fixés en avril 2025 pour cinq produits, dont la banane, la pomme, la pomme de terre, l’agneau et la tasse de café.

En remontant jusqu’aux unités de production, les services du Commerce cherchent donc à comprendre où se forment les écarts entre le coût de revient et l’étiquette.

Malik Meziane

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