Jeux vidéo : L’Algérie rouvre la porte à Roblox et mise sur ses jeunes développeurs
Environ 13 mois après son interdiction, Roblox revient en Algérie, cette fois comme tremplin professionnel. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé, mardi, un accord de principe pour former les développeurs algériens à la conception de jeux vidéo, sous conditions strictes de protection des mineurs. Dans son communiqué, le ministère indique que la première phase prévoit « un programme de formation permettant aux développeurs algériens d’acquérir les compétences nécessaires à la conception et au développement de logiciels de jeux, et facilitant leur accès au marché international en tant qu’indépendants ou auto-entrepreneurs ». L’objectif affiché est d’« élargir la base des compétences nationales et de leur permettre de commercialiser progressivement leurs produits » sur la plateforme. Des initiatives de soutien à la formation des jeunes à la création de contenu numérique sont aussi annoncées, « dont les détails seront dévoilés en temps voulu ».
Ce retour est encadré par un cahier des charges avec l’obligation de conformité aux valeurs algériennes, protection de l’enfance et régulation du chat. Selon le ministère, Roblox a adopté « un mécanisme sûr d’estimation de la tranche d’âge » et élargi les outils de contrôle parental. Le chat « restera désactivé en Algérie pour tous les utilisateurs » jusqu’à la mise en place de systèmes de modération en arabe. Le ministre, Sid Ali Zerrouki, y voit « une étape mûrement réfléchie », fondée sur l’ouverture aux plateformes mondiales « dans un cadre qui protège les utilisateurs ». Il a rappelé que l’industrie pèse environ 323 milliards de dollars dans le monde, dont 2,29 milliards en Afrique.
L’enjeu est double. Il est économique, d’abord avec l’objectif de transformer une génération de joueurs en créateurs capables d’exporter, sur un marché africain encore modeste. Il est sociétal, ensuite puisqu’il vise à concilier ouverture numérique et sécurité des enfants, la désactivation du chat illustrant le compromis retenu. L’accord reste toutefois préliminaire. Calendrier, financement, nombre de bénéficiaires et conditions de monétisation ne sont pas précisés. Le dossier s’inscrit dans une série d’efforts pour structurer l’économie numérique. Fin avril 2026, les ministres de la Formation professionnelle et de l’Économie de la connaissance ont lancé le programme national de formation en intelligence artificielle, un cycle de 12 semaines précédé d’une formation de formateurs dès janvier. Côté écosystème, des estimations de 2026 recensent plus de 2 000 start-up, dont plus de 450 labellisées. Le jeu vidéo, lui, reste balbutiant, porté par quelques studios indépendants comme Xerise, DevQuest ou Ahras Studio.
Malik Meziane

