Culture

Douze films à voir avant la fin de l’année : Le cinéma algérien sort de l’ombre

Du court métrage au documentaire, la Cinémathèque et l’Opéra d’Alger accueillent jusqu’au 26 décembre douze avant-premières nationales.

Douze films, deux salles, trois mois. Lancé jeudi à la Cinémathèque d’Alger, le programme d’avant-premières du ministère de la Culture et des Arts se poursuit jusqu’au 26 décembre entre la Cinémathèque et l’Opéra Boualem Bessaïh, pour rendre enfin aux films algériens leur rendez-vous avec le public. Un film sans salle ressemble à une lettre sans facteur. Elle est écrite, elle a coûté des nuits blanches, mais personne ne la lira. Pour éviter ce sort, le ministère a imaginé ce cycle, organisé par le Centre algérien de développement du cinéma en partenariat avec le Centre algérien de la cinématographie. Le soir de l’ouverture, un public relativement nombreux a découvert jeudi trois courts métrages de fiction, « La malédiction du sang » de Diab Djaber, « Victime zéro » d’Amine Bentamer et « Bla bikoum » de Nadjib Oulebsir. Trois destins cabossés, un jeune aveugle ballotté entre précarité et cruauté familiale, un écolier happé par un réseau criminel, un vieil émigré rentré bâtir sa vie au village avec ses enfants nés en France. Ce dernier film s’appuie sur un scénario d’Anis Djaad, disparu cette année, et la projection a pris des airs d’hommage.

Les grands formats suivent de près. Le jeudi 22 octobre, « Le regret » d’Ahcene Ould Kaci ouvre la série des longs métrages à la Cinémathèque. Le mercredi 28, l’Opéra d’Alger accueille « Yed Meriem » de Yahia Mouzahem, dont l’affiche flamboyante réunit une bande de jeunes devant un vieux bus cabossé. Novembre change de ton. « Écran colonial » de Salim Aggar, le 5, décortique la propagande du cinéma français en Algérie, quatre jours après l’anniversaire du 1er novembre. « Capitaine Vassili » de Djamel Bendeddouche, le 12, prend le large. Le samedi 21, retour à l’Opéra pour « Algérie pour toujours 2 » de Jean Marc Mineo, un film d’espionnage sans complexe, avant « Enigma » de Hakim Traidia, le 26, polar aux allures de farce.

Décembre referme la boucle avec « Terminus 60 » de Sid Ahmed Semiane, le 3, puis deux rendez-vous placés sous la bannière du Festival international d’Alger du cinéma, « Ben Khelouf » de Yasmine Chouikh, le 17, et « Jacarandas » de Hassan Ferhani, le samedi 26, qui tire le rideau. Tout se joue à 18h, un horaire fixe qui finit par devenir une habitude.

Au total, trois courts métrages, cinq longs métrages de fiction et quatre documentaires. Le ministère invite le public et les amoureux du septième art à suivre ces rendez-vous, qui a pour objectif de faire la promotion du cinéma algérien et d’encourager la production cinématographique locale.

Mohand Seghir

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