À la UneMonde

Construction de colonies en Cisjordanie occupée

Le Conseil européen met en garde les entreprises

Bruxelles hausse le ton, à quelques jours seulement de la date limite du 19 octobre fixée pour le dépôt des offres de l’un des appels d’offres relatifs à la construction de cette colonie. L’organe qui définit l’orientation politique de l’UE a averti les entreprises qu’elles pourraient subir « des conséquences juridiques, économiques et en termes de réputation » si elles s’impliquaient dans le projet. Il a exhorté l’entité sioniste à « mettre immédiatement un termeà l’expansion des colonies, qui sont illégales au regard du droit international, notamment en retirant son appel d’offres pour la construction dans la zone E1 ». Ces conclusions sont approuvées par les dirigeants de tous les États membres. L’enjeu est de taille. Le projet des autorités d’occupation prévoit des milliers de nouveaux logements entre Al-Qods occupée et une colonie existante, à 7 km à l’est de la ville sainte. Il vise à relier les colonies de Cisjordanie à Al-Qods-Est occupée, au risque de couper la Cisjordanie en deux et de rendre plus compliquée la création d’un État palestinien. L’avertissement européen fait suite à l’entrée en vigueur, en début de semaine, de sanctions britanniques contre les colonies sionistes, y compris contre les organismes qui en financent la construction. Sur le terrain, les colons redoublent de férocité. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) recense près de 200 attaques de colons liées à la récolte des olives depuis janvier, avec des victimes ou des dégâts matériels. Cette semaine encore, une vidéo a montré la journaliste du Washington Post Heidi Levine jetée à terre et frappée à coups de bâton par des colons. Derrière les barreaux, le tableau n’est pas moins sombre. Le Club des prisonniers palestiniens, cité par l’agence WAFA, affirme que les prisons de l’entité sioniste sont le théâtre de répressions depuis le 7 octobre 2023, avec une intensification dont il a fait état dimanche. Balles en caoutchouc, gaz lacrymogènes et autres armes, dont certaines ont provoqué des brûlures, ont été utilisés par les unités d’intervention. Le Club décrit une politique qui dure depuis trois ans, depuis le début du génocide, faite de privation de nourriture et de soins médicaux et de violences visant à détruire physiquement et psychologiquement les détenus.À la prison de Damon, le quartier des détenues a subi trois opérations le 7 octobre, avec des cellules fouillées à trois reprises, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes qui ont provoqué des cas d’asphyxie. Les détenues ont été menottées, insultées, contraintes de s’allonger sur le ventre et filmées durant toute l’opération. Quinze d’entre elles ont été placées en isolement, après avoir été forcées de défaire leurs tresses. Le lendemain, l’unité Yamaz a fait usage de spray au poivre. Dans les prisons d’Ofer et du Néguev, les interventions ont été plus étendues et plus violentes, des dizaines de détenus ayant été touchés par des balles en caoutchouc, et plusieurs transférés à l’hôpital. À Ghaza, ravagée par trois ans d’agression sioniste génocidaire, l’attente est devenue une sentence. Selon Medical Relief, « 2027 patients sont décédés alors qu’ils attendaient un traitement et une évacuation depuis octobre 2023 », a déclaré son directeur à Ghaza, Mohammed Abu Afash, au site The New Arab. Plus de 21 000 autres patients, atteints de cancer, d’insuffisance rénale ou de maladie cardiaque, ont besoin d’être évacués. Le point de passage de Rafah est fermé aux évacuations médicales depuis quelques semaines, et le ministère palestinien de la Santé prévient que la liste d’attente pourrait prendre quatre ans à résorber, voire huit. Dans cette enclave assiégée, seuls 227 des 574 centres de soins d’avant l’agression restent opérationnels.

R.I.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!