Régions

Annaba : Un cabinet dentaire public inclusif en projet

Porté par un praticien de l’Établissement public de santé de proximité (EPSP), le projet de cabinet dentaire inclusif ambitionne de moderniser les soins bucco-dentaires et de faciliter l’accès aux traitements pour les personnes aux besoins spécifiques. Doté d’un budget prévisionnel de 2,3 milliards de centimes, ce projet, premier du genre en Algérie, mise sur des équipements de pointe, la prise en charge pluridisciplinaire et la numérisation des dossiers médicaux. Selon une source sanitaire, cette initiative pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine de la santé bucco-dentaire. Porté par le Dr Mohamed Reda Bouatem, praticien au sein de l’EPSP, ce projet de création d’un cabinet dentaire public moderne et inclusif entend répondre aux besoins de patients pour lesquels l’accès aux soins demeure particulièrement complexe, a fait savoir notre source. Selon les explications apportées par cette dernière, l’objectif est de réunir, au sein d’une même structure, des équipements de dernière génération et une prise en charge adaptée aux personnes à mobilité réduite, aux personnes porteuses de trisomie 21 ainsi qu’à celles vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Soutenu par la direction de l’EPSP et plusieurs professionnels de la santé, ce projet se distingue par son approche globale, qui dépasse le cadre des soins dentaires classiques, a-t-on précisé. En effet, la prise en charge de patients présentant des besoins spécifiques exige souvent davantage de temps, des protocoles adaptés et une coordination étroite entre différents spécialistes, a-t-on ajouté. Dans certaines situations, le recours à une anesthésie générale peut s’avérer nécessaire, impliquant alors l’intervention d’un médecin anesthésiste-réanimateur. Autant de contraintes qui plaident en faveur d’une structure conçue pour garantir des soins sécurisés, accessibles et adaptés à chaque patient, a estimé la même source. Les grandes lignes du projet ont été exposées, dont le coût prévisionnel, estimé à 2,3 milliards de centimes, est destiné à l’acquisition des équipements nécessaires. Le dossier doit désormais être soumis au ministère de la Santé et aux autorités de la wilaya, dans l’espoir d’obtenir les validations indispensables à sa concrétisation. Si les services de médecine dentaire sont déjà présents au sein des EPSP de la wilaya, le projet ambitionne de franchir un nouveau cap en matière de qualité, de spécialisation et d’intégration technologique. Il prévoit notamment l’acquisition d’équipements d’imagerie dentaire en deux et trois dimensions (2D, 3D) ainsi que la mise en place d’un dispositif de suivi médical s’inscrivant dans la dynamique de numérisation du secteur de la santé et de généralisation du dossier médical électronique (DME). L’enjeu est de centraliser les moyens techniques et humains afin d’assurer un parcours de soins plus cohérent, en particulier pour les patients nécessitant un accompagnement renforcé.

L’initiative s’inscrit également dans une problématique de santé publique plus large. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne régulièrement l’importance de réduire les inégalités d’accès aux services de santé bucco-dentaire, notamment dans les pays africains. À l’échelle locale, la création d’une structure inclusive pourrait ainsi contribuer à mieux répondre aux besoins de catégories de patients dont la prise en charge requiert des compétences spécifiques et un environnement adapté. Pour accueillir ce futur cabinet, l’espace Didouche-Mourad, situé à proximité du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Rochd d’Annaba, est envisagé comme une implantation pertinente. Cette localisation permettrait de rapprocher la structure d’un important pôle hospitalier, un atout potentiel pour faciliter la coordination avec d’autres spécialités médicales lorsque la situation clinique l’exige. À ce stade, le projet dispose d’une première estimation budgétaire, d’un concept défini et d’une localisation envisagée. Sa concrétisation reste toutefois tributaire de l’approbation des autorités compétentes et de la mobilisation des moyens nécessaires.

Au-delà de la modernisation des équipements, l’ambition est de faire de l’accès aux soins dentaires un droit plus effectif pour tous, y compris pour les patients dont les besoins spécifiques constituent encore un obstacle à une prise en charge ordinaire.

Sofia Chahine

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *