Trois suspects en détention provisoire : Le gang des portières démantelé
Onze portières retrouvées, une machine à graver destinée à falsifier les numéros de série des châssis, de fausses plaques d’immatriculation. La police a mis fin, lundi, à l’activité d’un réseau spécialisé dans le vol de portières de voitures, au terme d’une affaire qui avait provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux. Trois personnes, dont une femme, ont été interpellées, puis placées en détention provisoire par le juge d’instruction. Selon le communiqué de la police, l’enquête a débuté après le vol nocturne des portières d’un véhicule dans un quartier de la capitale. Les investigations de terrain et les « recherches opérationnelles » des enquêteurs ont permis d’identifier trois suspects, arrêtés successivement. L’opération a abouti à la saisie de deux véhicules, dont un utilitaire, utilisés par le réseau. Les policiers ont récupéré onze portières, une machine à graver sur métal servant à falsifier les numéros de série des châssis, des plaques falsifiées, du matériel de vol et une somme en dinars issue des vols. Les mis en cause ont été présentés au procureur de la République près le tribunal de Hussein Dey.
Le parquet a précisé, dans son propre communiqué, que l’affaire découle d’une plainte déposée le 28 septembre par la propriétaire d’une Audi A3 grise. Trois portières, les deux arrière et celle du conducteur, lui avaient été dérobées alors que le véhicule était garé dans sa cité de Garidi, à Kouba. L’enquête a révélé que les suspects avaient « planifié minutieusement » l’opération, exécutée « en un temps record, sans attirer l’attention ni laisser de traces », en profitant de la nuit et de l’absence de passants. Les trois prévenus, D.Y. (33 ans), N.M. (29 ans) et O.K. (28 ans), sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de préparer un vol avec les circonstances de pluralité, d’effraction et de nuit, et avec usage d’un véhicule à moteur. Ils doivent aussi répondre de mise en circulation d’un véhicule muni de plaques falsifiées. Après leur audition, le juge d’instruction a ordonné leur placement en détention provisoire.
L’affaire avait pris de l’ampleur après la diffusion d’une vidéo des voitures dépouillées, de nombreux internautes réclamant l’arrestation des auteurs pour qu’ils servent d’exemple. Le phénomène n’est pas isolé. Depuis quelques semaines, des vidéos et témoignages recoupés font état de faits similaires à Alger, Tipaza, Oran et Annaba, avec notamment deux Audi A3 dont sept portières avaient été arrachées. En août dernier, la sûreté de wilaya d’Alger avait démantelé un réseau actif à l’échelle nationale, avec treize véhicules récupérés. En mars 2025, la Gendarmerie nationale d’Alger avait annoncé le démantèlement de quatre réseaux spécialisés dans le vol et la revente de véhicules en pièces détachées.
Malik Meziane

