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Vitrine en ligne des petits producteurs algériens : Angem Market ouvrira avant fin 2026

Les artisans et porteurs de projets financés par l’Angem pourront bientôt vendre leurs produits directement aux consommateurs. La directrice générale de l’agence, Souad Bendjemil, a annoncé ce lundi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne que la plateforme « Angem Market » sera lancée d’ici la fin de l’année. Encore en cours d’enrichissement, elle doit prolonger l’élan des salons locaux et nationaux et offrir des débouchés plus durables aux produits fabriqués en Algérie. L’idée est simple. Les salons donnent de la visibilité le temps d’un week-end, alors qu’une vitrine numérique reste ouverte toute l’année. L’agence veut d’ailleurs pousser plus loin le virage commercial de ses bénéficiaires, avec le commerce électronique, un conditionnement plus soigné, un meilleur design et une normalisation des produits. Les articles d’habillement traditionnel revisités, les savons artisanaux, les confitures naturelles, les huiles et les gâteaux du terroir comptent parmi ceux qui séduisent le plus.

L’export n’est plus un horizon lointain pour l’Angem. L’agence participe pour la quatrième fois au salon de Milan et s’est aussi rendue en Mauritanie et dans d’autres pays africains pour sonder l’appétit des acheteurs. « Quinze exposants ont notamment participé à une manifestation en Allemagne, où leurs produits ont tous été vendus»

, précise la responsable au micro de la Radio. Ces ambitions s’appuient sur un bilan chiffré. L’Angem a financé 22 000 projets en 2025, soit environ 23 000 emplois selon sa directrice générale, qui insiste sur le fait que la mission de l’agence ne se limite pas à soutenir des activités et qu’elle vise aussi à créer des opportunités économiques durables. Les femmes, les jeunes et les populations rurales sont les premiers visés. L’agriculture, les services et l’artisanat concentrent le plus grand nombre de demandes, et l’agence tient à encourager la transmission des métiers artisanaux aux jeunes générations.

Côté financement, deux formules existent. La première couvre « l’acquisition de matières premières, avec des montants compris entre 100 000 et 250 000 dinars dans les zones du Sud ». La seconde, destinée « à la création d’activités, peut atteindre un million de dinars pour l’acquisition d’équipements, de machines et d’outils professionnels », précise Mme Bendjemil. Le dispositif s’adresse à tout Algérien majeur, sans limite d’âge, à condition de « maîtriser le métier correspondant à l’activité envisagée ». Ceux qui ne disposent pas d’un justificatif peuvent être orientés vers les chambres de l’artisanat ou les structures agricoles pour faire attester leur savoir-faire.

L’argent n’est qu’une partie de l’équation. Selon la responsable, « l’accompagnement, entièrement gratuit, ne se limite pas au financement ». Présente dans les communes, les daïras et les 69 wilayas, l’agence multiplie les sorties de proximité pour repérer les porteurs d’idées et leur proposer des projets réalisables, adaptés aux potentialités économiques locales. Des formations en éducation financière et en gestion de microentreprise leur apprennent aussi à mieux gérer leurs ressources et à séparer dépenses personnelles et dépenses professionnelles. Une fois le financement accordé, l’Angem assure le suivi et l’évaluation des projets pour favoriser leur pérennité. Pour consolider cet écosystème, l’agence a signé des conventions avec la Chambre nationale de l’artisanat, Algérie Poste, Algérie Télécom et plusieurs universités, où des bureaux facilitent l’accès des étudiants à l’entrepreneuriat. Ses propres cadres suivent des formations et des certifications en lien avec la Banque mondiale, notamment sur le commerce électronique, et avec l’Organisation internationale du travail, sur l’entrepreneuriat et la gestion d’entreprise.

Lyna Larbi

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