72e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 : Cycle du cinéma révolutionnaire sous les étoiles
Du 27 octobre au 1er novembre, le Centre algérien de développement du cinéma installe un écran géant au parc «Concorde civile» de Ben Aknoun. Neuf films, six soirées, entrée libre et la mémoire de la Révolution se projette sous les étoiles.
Munissez-vous d’une veste et d’un bon siège. Dès mardi 27 octobre, à partir de 17 h, le parking du Village africain du parc zoologique et de loisirs «Concorde civile», à Ben Aknoun, se mue en salle obscure à ciel ouvert. Organisé par le Centre algérien de développement du cinéma (CADC), avec la wilaya d’Alger et sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, ce cycle célèbre le 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954. Selon le communiqué du CADC, il s’agit d’«un rendez-vous avec le cinéma algérien» pour évoquer «les gloires de la Révolution» et honorer le sacrifice des martyrs.
Le coup d’envoi revient à «Zighoud», de Mounès Khammar, mardi. Cette fresque de 2h30, produite par le ministère des Moudjahidine et tournée entre Constantine, Skikda et Mila, avait été présentée à l’Opéra d’Alger en mars 2025, avec une musique de Safy Boutella et Ali Namous dans le rôle-titre. Elle suit le chef de la Wilaya II après la mort de Didouche Mourad, tiraillé entre l’urgence de frapper et le poids du commandement. Le lendemain, mercredi 28, place aux courts-métrages avec «Le Drapeau» d’Ahmed Aggoun (20 min), puis «L’Avion jaune» de Hadjer Sebata (42 min). Ce dernier, produit par le CADC, suit Djamila, qui veut venger la mort de son frère tué par un bombardement colonial. Le film a décroché en 2025 un prix au festival Vues d’Afrique de Montréal.
Jeudi 29, «Hadda» d’Ahmed Riad (1h18) rend hommage aux infirmières du maquis. Inspiré du témoignage de Yamina Cherrad Bennaceur et porté par Lydia Larini, il a été primé au Festival international du cinéma d’Alger en décembre 2025 avant sa sortie en salles en avril dernier. Vendredi 30, le public découvrira «I’dam» («Exécution»), de Youcef Mahsas (36 min), suivi de «Désert Rose» d’Oussama Benhassine (28 min). Ce dernier plonge à Reggane, en 1960, dans le sillage d’Abbas, un gamin parti chercher sa chienne emmenée par des soldats français, à la veille du premier essai nucléaire. Prix du jury au festival de Louxor en 2024, le court-métrage donne un visage d’enfant à un drame dont les séquelles, humaines et environnementales, restent présentes dans le sud du pays.
Samedi 31, «Héliopolis» de Djaafar Gacem (1h56) revient sur le 8 mai 1945. À Guelma, une famille aisée voit sa vie basculer le jour où l’on célèbre la victoire alliée, et où la répression s’abat sur Sétif, Guelma et Kherrata. Sorti en 2021, ce premier long-métrage tente d’éviter le manichéisme et laisse ses personnages composer avec l’Histoire. Dimanche 1er novembre, jour anniversaire, la clôture s’annonce plus intime avec «Zaair Ahalam» («Rugissement des ténèbres») d’Ahmed Riad (47 min), l’histoire de deux frères que tout oppose, l’un cherche les faveurs du colonisateur, l’autre, aveugle, appelle le peuple à se soulever. Le rideau tombera sur «Hamassat El Fajr» de Kamel Rouini (16 min).
Au-delà de la commémoration, cette programmation a un mérite, elle mêle longs et courts métrages, œuvres récentes et titres déjà primés, et amène gratuitement le septième art au plus près des familles.
Mohand Seghir
Encadré
« Yed Meriem » de Yahia Mouzahem en avant-première à l’Opéra d’Alger
Le long métrage « Yed Meriem », du réalisateur Yahia Mouzahem, sera présenté en avant-première mercredi 28 octobre, à partir de 19h, à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïh. Placée sous l’égide de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, la soirée est organisée par le Centre algérien de développement du cinéma (CADC), en coordination avec l’Opéra d’Alger et la société de production MY CENE. Le CADC la présente comme une rencontre cinématographique qui « célèbre la création et la production algériennes » et qui se tiendra en présence du réalisateur et des comédiens du film. L’accès se fera uniquement sur invitation officielle. Côté intrigue, le film suit Meriem, une jeune fille ordinaire, et un groupe d’étudiants de l’université de Bab Ezzouar qui prennent la route du Sud algérien. Au fil du voyage, ils sont confrontés à une série d’événements inattendus. Meriem se voit confier la mission de protéger le patrimoine de la reine des Touareg, menacé de destruction par un homme d’affaires corrompu du nom de Youssef. Écrit par Youcef Baaloudj, le projet est produit par le CADC avec le soutien du ministère de la Culture. Il avait décroché en 2021 un prix de post production lors des Journées de l’industrie du film d’Amman, en marge de la deuxième édition du festival international de la ville.
Yahia Mouzahem est notamment l’auteur de « Lalla Zbeida Ouanes », fiction de 87 minutes consacrée à la vie de plusieurs familles réunies sous le même toit dans la Casbah de Constantine. Réalisé dans le cadre de « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 », ce long métrage avait été présenté à Sofia en 2018.
M.S.

