Téhéran reçoit des émissaires saoudien, pakistanais et turc : Pezeshkian appelle à « l’unité régionale »
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a appelé lundi à « l’unité régionale » lors d’une rencontre à Téhéran avec de hauts responsables saoudien, pakistanais et turc. Selon Reuters, c’est la première réunion de ce niveau depuis que le conflit a gagné l’Arabie saoudite et le Yémen. Les discussions, d’environ une heure, ne se sont conclues par aucune annonce, alors que le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité d’une nouvelle opération militaire contre l’Iran. Les trois délégations représentaient les signataires du pacte de défense dit de La Mecque, conclu en août, qui prévoit qu’une attaque contre l’un de ses membres vaut attaque contre tous. Riyad avait envoyé son ministre de la Défense, Khaled ben Salmane, frère du prince héritier. Islamabad était représenté par le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, et Ankara par le chef de ses services de renseignement, Ibrahim Kalin. M. Pezeshkian les a invités à « faire front commun et adopter une position coordonnée », selon un communiqué de la présidence iranienne. À l’issue de la réunion, la télévision d’État iranienne a indiqué que les quatre délégations étaient convenues de poursuivre le dialogue sur la paix et la sécurité. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, a déclaré que la sécurité de la région devait être assurée par les pays eux-mêmes et que toute forme d’intervention étrangère devait être empêchée. Ni Riyad, ni Ankara, ni Islamabad n’avaient réagi à ces conclusions dans l’immédiat. Un responsable pakistanais cité par Reuters a affirmé que le maréchal Munir avait soumis à l’Iran une proposition de sortie de crise, avec l’accord de M. Trump. Il a mentionné les pays du pacte et le Qatar comme garants possibles d’un éventuel accord.
L’Arabie saoudite a dit vouloir ouvrir des canaux de négociation pour éviter une nouvelle flambée militaire. Son vice-ministre chargé de la diplomatie publique, Rayed Krimly, a présenté la visite comme un soutien aux médiations du Qatar et du Pakistan. Le conflit a lancé fin février avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Un cessez-le-feu obtenu en avril grâce à une médiation pakistanaise a interrompu les bombardements massifs. Un accord intérimaire conclu en juin s’est ensuite effondré. Le détroit d’Ormuz reste un point de friction. Téhéran affirme vouloir décider seul de qui l’emprunte, tandis que Washington impose un blocus naval aux ports iraniens. Lundi, les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué des attaques contre l’aéroport de Riyad et l’oléoduc Est-Ouest, sans confirmation saoudienne immédiate. Des explosions ont été entendues dans la capitale saoudienne. Le Parlement égyptien a autorisé l’armée à soutenir militairement le royaume.
M. Trump s’était engagé le 8 octobre à ne pas attaquer l’Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Il a toutefois averti vendredi qu’une nouvelle opération restait possible, selon Reuters. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde au Caire contre une attaque massive contre l’Iran combinée à une riposte iranienne contre les pays du Golfe. Il juge qu’il faut l’éviter « à tout prix ».
R.I.

