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Volker Türk sonne l’alarme sur les violations sionistes à El Khalil : L’ONU dénonce un « nettoyage ethnique » !

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme dénonce une « punition collective » contre la population d’El Khalil, tandis qu’une commission d’enquête onusienne accuse l’entité sioniste de crimes contre l’humanité. La Palestine saisit le Conseil de sécurité et réclame un embargo sur les armes destinées à l’occupation.

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde lundi contre un risque de « nettoyage ethnique » à El Khalil, en Cisjordanie occupée, où l’armée d’occupation sioniste mène depuis vendredi une vaste opération militaire. « La punition collective constitue une violation grave du droit international », a déclaré le responsable onusien dans un communiqué, estimant que les menaces visant à « vider et effacer des quartiers entiers » suscitent de sérieuses préoccupations quant à un éventuel nettoyage ethnique. Qualifiant l’opération d’« agressive », M. Türk a rappelé qu’elle s’est soldée par des déplacements forcés de Palestiniens, la démolition de logements et de commerces ainsi que de sévères restrictions à la liberté de circulation. Il a exigé que les personnes déplacées puissent regagner leur foyer et que l’entité sioniste garantisse indemnisation et réparations pour les expulsions et démolitions illégales. Selon la municipalité, 3 189 personnes ont été chassées de chez elles depuis vendredi, soit 491 familles, dont 209 enfants de moins de 2 ans et 258 personnes âgées d’au moins 60 ans. Un bilan qui donne la mesure de l’ampleur de l’offensive.

L’occupation tente de justifier l’opération par une attaque près de la ville qui a coûté la vie à deux soldats sionistes. Mais pour le haut-commissaire, la réponse déployée ne relève plus de la seule logique sécuritaire. Le droit international humanitaire proscrit en effet les sanctions collectives, une règle que M. Türk n’a cessé de rappeler au fil de ses déclarations sur les territoires palestiniens occupés.

Une saisine d’urgence du Conseil de sécurité

Face à cette escalade, l’État de Palestine a saisi l’ONU. Son représentant permanent, Riyad Mansour, a adressé des lettres au secrétaire général, à la présidence grecque du Conseil de sécurité et à la présidente de l’Assemblée générale, appelant à une intervention internationale « urgente ». Il y dénonce un siège militaire renforcé et un bouclage total du gouvernorat d’El Khalil, qui touche près d’un demi-million de Palestiniens, ainsi que la fermeture de la mosquée Ibrahimi. Selon lui, 488 familles, soit environ 3 171 personnes, ont été contraintes de quitter leur domicile, notamment dans les quartiers de Deir Bahha et d’Al-Jalda, et quelque 500 logements ont été détruits. M. Mansour réclame un embargo sur les livraisons d’armes, des sanctions et la reddition de comptes pour les responsables, accusant les autorités sionistes d’exploiter ces souffrances en pleine campagne électorale.

L’alerte de M. Türk n’est pas isolée. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit profondément alarmé par les agressions sionistes, évoquant « le spectre d’un nettoyage ethnique qui se profile toujours davantage », avec l’expansion des colonies, les expulsions et l’intensification des violences de colons, notamment durant la saison de la récolte des olives. Selon la Commission palestinienne de résistance à la colonisation et au mur, quelque 780 000 colons vivaient dans la Cisjordanie occupée, y compris à El Qods, fin juillet, répartis dans 592 colonies et avant-postes. Dans un rapport publié lundi, la commission d’enquête de l’ONU, mise en place en 2021 par le Conseil des droits de l’homme, accuse l’entité sioniste de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité d’extermination, de persécution, de torture, de viol et d’autres violences sexuelles dans les territoires palestiniens occupés. Son président, Srinivasan Muralidhar, y voit une stratégie plus large visant à « exterminer et déplacer les Palestiniens » et à leur imposer des conditions de vie invivables. La rapporteuse spéciale Francesca Albanese a, de son côté, présenté un rapport sur la couverture médiatique du conflit, estimant que, dans chaque génocide, la déshumanisation, le contrôle de l’information et la complicité des médias rendent la destruction d’un peuple acceptable.

Lyes Saïdi

2e ouv

Téhéran reçoit des émissaires saoudien, pakistanais et turc : Pezeshkian appelle à « l’unité régionale »

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a appelé lundi à « l’unité régionale » lors d’une rencontre à Téhéran avec de hauts responsables saoudien, pakistanais et turc. Selon Reuters, c’est la première réunion de ce niveau depuis que le conflit a gagné l’Arabie saoudite et le Yémen. Les discussions, d’environ une heure, ne se sont conclues par aucune annonce, alors que le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité d’une nouvelle opération militaire contre l’Iran. Les trois délégations représentaient les signataires du pacte de défense dit de La Mecque, conclu en août, qui prévoit qu’une attaque contre l’un de ses membres vaut attaque contre tous. Riyad avait envoyé son ministre de la Défense, Khaled ben Salmane, frère du prince héritier. Islamabad était représenté par le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, et Ankara par le chef de ses services de renseignement, Ibrahim Kalin. M. Pezeshkian les a invités à « faire front commun et adopter une position coordonnée », selon un communiqué de la présidence iranienne. À l’issue de la réunion, la télévision d’État iranienne a indiqué que les quatre délégations étaient convenues de poursuivre le dialogue sur la paix et la sécurité. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, a déclaré que la sécurité de la région devait être assurée par les pays eux-mêmes et que toute forme d’intervention étrangère devait être empêchée. Ni Riyad, ni Ankara, ni Islamabad n’avaient réagi à ces conclusions dans l’immédiat. Un responsable pakistanais cité par Reuters a affirmé que le maréchal Munir avait soumis à l’Iran une proposition de sortie de crise, avec l’accord de M. Trump. Il a mentionné les pays du pacte et le Qatar comme garants possibles d’un éventuel accord.

L’Arabie saoudite a dit vouloir ouvrir des canaux de négociation pour éviter une nouvelle flambée militaire. Son vice-ministre chargé de la diplomatie publique, Rayed Krimly, a présenté la visite comme un soutien aux médiations du Qatar et du Pakistan. Le conflit a lancé fin février avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Un cessez-le-feu obtenu en avril grâce à une médiation pakistanaise a interrompu les bombardements massifs. Un accord intérimaire conclu en juin s’est ensuite effondré. Le détroit d’Ormuz reste un point de friction. Téhéran affirme vouloir décider seul de qui l’emprunte, tandis que Washington impose un blocus naval aux ports iraniens. Lundi, les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué des attaques contre l’aéroport de Riyad et l’oléoduc Est-Ouest, sans confirmation saoudienne immédiate. Des explosions ont été entendues dans la capitale saoudienne. Le Parlement égyptien a autorisé l’armée à soutenir militairement le royaume.

M. Trump s’était engagé le 8 octobre à ne pas attaquer l’Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Il a toutefois averti vendredi qu’une nouvelle opération restait possible, selon Reuters. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde au Caire contre une attaque massive contre l’Iran combinée à une riposte iranienne contre les pays du Golfe. Il juge qu’il faut l’éviter « à tout prix ».

R.I.

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