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Déchets nucléaires dans le Sud algérien : Quand Paris persiste dans le déni

L’Algérie a lancé dimanche, avec ses seuls moyens nationaux, la deuxième opération d’assainissement du site de Béryl à In Ekker, tandis que la France continue de se soustraire à ses obligations et de retenir les cartographies des sites d’enfouissement.

Face au refus persistant de la France d’assumer ses responsabilités pénales et de remettre les documents et cartographies des déchets enfouis, l’Algérie a lancé dimanche 1er novembre 2026, jour du 72ème anniversaire du déclenchement de la Révolution de libération nationale, la deuxième opération d’assainissement du site E2 Béryl à In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, relevant de la 6ème Région militaire. L’opération mobilise des moyens matériels et humains nationaux, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

Le MDN précise que « dans la dynamique des opérations de réhabilitation des anciens sites des essais nucléaires au Sud du pays, et à l’occasion des festivités commémorant le 72ème anniversaire du déclenchement de notre glorieuse Révolution, il a été procédé, aujourd’hui 1er novembre 2026, au lancement de la 2ème opération d’assainissement du site E2 Béryl à In Ekker/Tamanrasset/6ème RM, des déchets nucléaires, et ce, en mobilisant des compétences et des moyens nationaux, sous la supervision du ministère de la Défense nationale et en coordination avec l’Agence nationale de réhabilitation des anciens sites d’essais et d’explosions nucléaire français dans le Sud algérien, et ce, conformément aux normes nationales et internationales en vigueur ».

Le communiqué met directement en cause l’attitude de Paris. « Devant le refus par la partie française d’assumer ses responsabilités pénales et de fournir les documents et cartographies des sites d’enfouissement de ces déchets nucléaires, qui constituent encore un handicap pour le développement des régions d’In Ekker à Tamanrasset et de Reggane à Adrar, les compétences nationales sont déterminées à œuvrer pour l’assainissement total des déchets nucléaires hérités du colonisateur français dans notre grand Sud et assurer leur réhabilitation à l’avenir », ajoute le MDN.

Ce refus pèse d’autant plus lourd que le site de Béryl est un lieu emblématique du crime colonial. La première explosion, Gerboise bleue, a eu lieu le 13 février 1960 à Reggane, avant que quatre explosions aériennes très polluantes à Reggane et treize explosions souterraines à In Ekker, qui ont échoué, ne soient menées, dont la plus grave, l’accident nucléaire Béryl du 1er mai 1962. La région d’In Ekker souffre encore aujourd’hui des radiations du césium 137 et du plutonium. Soixante ans après, les populations du Sud vivent toujours avec cet héritage, sans que l’ancienne puissance coloniale n’ait ouvert ses archives.

L’Algérie n’a pas attendu pour agir. Une première opération de dépollution partielle a été engagée dans la région d’In Ekker à l’occasion du 66e anniversaire des essais nucléaires français, avec la collecte des déchets contaminés et leur placement dans des conteneurs en béton. La deuxième phase, lancée en ce jour symbolique du 1er Novembre, confirme que l’État algérien prend en charge, seul, un fardeau qu’il n’a pas créé.

« Cette opération compliquée, à laquelle l’Etat algérien a mobilisé l’ensemble des moyens matériels et humains, constitue un véritable défi pour les compétences nationales, qui veilleront à la réussite de cette mission, et ce, dans le strict respect des conditions de sécurité, des protocoles et des normes internationales, relatifs à l’identification des zones radioactives, la collecte des déchets nucléaires ainsi que leur stockage dans des conteneurs en béton destinés à cet effet », conclut le communiqué du MDN.

En liant cette opération à la commémoration de la Révolution, l’Algérie rappelle que la mémoire et la réparation restent indissociables. Il revient désormais à la France de cesser de se dérober et de livrer ce qu’elle détient. Hocine Fadheli

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